Des manifestations sont prévues partout en France aujourd'hui, à l'appel des syndicats CGT, FSU et Solidaires et d'organisations de jeunesse, pour réclamer des hausses de salaires et donner un coup de semonce sur les retraites, au moment où l'exécutif précise sa méthode pour réformer.

Au moins 200 lieux de rassemblement sont prévus partout en France pour cette première journée de mobilisation interprofessionnelle depuis la rentrée, selon Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT.

Dans le Grand Est, Metz et Nancy ne seront pas épargnés. À Nancy, une manifestation est attendue, le rassemblement est prévu à 14h au départ de la Place Dombasle. En Moselle, le rassemblement est programmé à Metz à 13h30 devant la gare. À Metz également, des écoles seront fermées (plus d'informations ici).

Quant aux usagers des transports en commun, la journée risque d'être infernale. Pour les frontaliers, prendre le train sera pratiquement mission impossible (lire notre article ici).

GROSSE MOBILISATION ATTENDUE EN FRANCE

Parmi les participants, des représentants syndicaux mais aussi des élus, les partis de gauche membres de la Nupes et le NPA ayant apporté leur soutien à cette journée de mobilisation, de même qu'un aréopage d'associations.

Le secrétaire général du deuxième syndicat français, la CGT, Philippe Martinez a dit mardi s'attendre à une mobilisation "largement supérieure à celles de janvier et mars", constatant qu'il y avait "des appels à la grève dans de nombreuses professions".

Trois syndicats sur quatre, y compris la CFDT-Cheminots, ont appelé à la grève à la SNCF. Des perturbations sont attendues sur les lignes TER, Transilien en Ile-de-France, Intercités et Ouigo mais les TGV Inoui rouleront quasiment normalement.

Du côté de la RATP, où seule la CGT appelle à la grève, la mobilisation sera modérée avec des perturbations dans les bus, les trams et le RER B, mais pas dans le métro ni le RER A.

Au mot d'ordre initial réclamant une hausse des salaires, des pensions, des bourses et des minima sociaux face à une inflation inédite (+5,9% en août), s'est ajouté le dossier des retraites.

La Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé jeudi à l'AFP que le gouvernement allait ouvrir un nouveau cycle de concertations en vue d'adopter un projet de loi "avant l'hiver", permettant une entrée en vigueur à l'été 2023 d'une réforme prévoyant le "report progressif de l'âge de départ de quatre mois par an, aboutissant à 65 ans en 2031".

BLOC SYNDICAL SUR LES RETRAITES

La journée de mobilisation de jeudi se fera sans la CFDT, qui avait fait savoir début septembre qu'elle n'y participerait pas. "C'est entreprise par entreprise, branche par branche qu'il faut agir", avait déclaré son secrétaire général Laurent Berger.

FO, qui s'était associée à la plupart des manifestations organisées par la CGT ces derniers mois, a cette fois-ci décidé de se tenir à l'écart. Dix unions départementales FO appellent cependant à manifester, selon Fabrice Lerestif, de l'UD35.

"Tout ce que le monde du travail a pu conquérir, cela s'est toujours fait dans l'unité des organisations syndicales. Donc il faut qu'on travaille sur cette question d'unité, c'est essentiel pour gagner des choses", a commenté la semaine dernière M. Martinez.

Le leader de la CGT ne doute cependant pas que tous les syndicats se retrouvent pour combattre le projet de réforme des retraites, comme ils ont réussi à le faire sur l'assurance chômage.

"Tous les syndicats en France sont contre le fait de travailler jusqu'à 64 ou 65 ans", a redit jeudi M. Martinez sur France 2. Quant à participer aux concertations prévues par l'exécutif dès la semaine prochaine, "si c'est pour nous dire qu'on discute de l'allongement de l'âge de la retraite, on n'ira pas longtemps", a-t-il averti.

L'ensemble des organisations syndicales nationales (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa) doivent se retrouver au siège de l'Unsa le 3 octobre. "Il pourrait y avoir une annonce de manifestation" à l'issue de cette rencontre, selon Mme Verzeletti.

Les partis de gauche prévoient de leur côté d'organiser le 16 octobre une "grande marche contre la vie chère et l'inaction climatique", sans le soutien, un temps envisagé, de la CGT.