Une étude de l'Insee Grand Est conclut que parmi les frontaliers français embauchés au Luxembourg, une part importante d'entre eux découvrait le Grand-Duché. Une fois embauchés, ils perçoivent des revenus nettement plus importants que les actifs qui travaillent toujours en France.

Il y a un "fort renouvellement" et une "motivation salariale très nette" chez les frontaliers français. Ce sont les deux conclusions auxquelles parvient l'Insee, l'institut de statistiques.

Dans une publication parue le 22 septembre, l'Insee explique que pour la première fois, elle a pu utiliser les déclarations de revenus en France pour mieux comprendre la vie des frontaliers du Luxembourg.

En 2020, sur les quelque 108.000 frontaliers français employés au Luxembourg, plus de 86.000 étaient installés en Moselle ou en Meurthe-et-Moselle. Dont 17.800 étaient des "nouveaux frontaliers" et n'avaient pas travaillé au Luxembourg l'année précédente. Pour un frontalier sur cinq, il s'agissait donc soit d'un premier emploi au Luxembourg, soit d'un retour après au moins un an d'absence.

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"LES FRONTALIERS GAGNENT EN MOYENNE DEUX FOIS PLUS"

Selon l'Insee, le salaire (plus élevé) est un des principaux facteurs expliquant cette attraction du Luxembourg. À proximité de la frontière, autour de Longwy, du Pays Haut Val d'Alzette et de Cattenom, "les frontaliers gagnent en moyenne deux fois plus que leurs voisins qui travaillent en France" confirme l'Insee.

En s'éloignant de la frontière luxembourgeoise, l'écart se réduit mais reste très marqué. À Metz, Bouzonville ou près du Rupt de Mad, le revenu d'un frontalier est environ 80% plus élevé que celui d'un employé en France. À titre d'exemple, on peut imaginer que si ce dernier gagne 1.500€ par mois, le frontalier percevra donc environ 2.700€.

"Les emplois, plus qualifiés, et le niveau de diplôme des frontaliers, plus élevé, peuvent expliquer en partie cette différence de salaire" avance l'Insee. La législation, plus généreuse sur les minima sociaux, plus avantageuse pour les entreprises, et permettant des carrières plus courtes, y contribue également.

L'attraction du Luxembourg va jusqu'à modifier la répartition des habitants dans la région. Dans la communauté de communes de Cattenom et environs, un tiers des individus en âge de travailler sont frontaliers. À Thionville, c'est encore 20% des 15-64 ans. Compte tenu des prévisions de croissance du Luxembourg, qui pourrait créer 70.000 emplois d'ici 2026, le phénomène n'est pas près de faiblir.

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