La remise de 20 centimes supplémentaires crée toujours d'incroyables files devant les stations-essence TotalEnergies du sillon mosellan entre Thionville et Metz... quand il y a du carburant!

"Ça fait plus d'un quart d'heure que j'attends, mais j'y suis presque", souffle un automobiliste à "une voiture" d'attente de la pompe de la station TotalEnergies du rond-point Merlin à Thionville. Livrée la veille au soir, la station-essence a été une nouvelle fois assaillie ce mardi. Deux files d'attente n'ont cessé  d'enfler dans rue du général de Castelnau et dans la rue du Maréchal Joffre où des klaxons d'énervement se faisaient régulièrement entendre au niveau du rond-point, parfois congestionné.

"C'est tout ou rien", résume en une formule laconique le pompiste de la station-essence Total "Relais" voisine de 200 mètres à peine. Sa station est fermée, faute de carburant et il "ne sait pas s'il y en aura dans l'après-midi".

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Il redoute déjà le prochain rush. Car aussitôt rouverte, la station redeviendra une fourmilière avec une vraie pression de la clientèle: "Les gens sont nerveux et ne sont plus patients. Je viens de travailler trois jours comme ça et c'est dur", témoigne-t-il. Les stocks suffisent à peine pour "un jour et demi".

Les stations TotalEnergies sont victimes de leur succès. Elles sont devenues les moins chères de France depuis que le groupe pétrolier a gonflé la ristourne étatique de 30 centimes à la pompe en vigueur depuis le 1er septembre. TotalEnergies avait fait un effort supplémentaire de 20 centimes par litre et depuis, le rush dans les stations-essence mosellanes qui avait suivi, se poursuit à chaque nouvelle livraison.

Dans le sillon mosellan, le diesel est affiché entre 1,621€ et 1,641€ ce mardi chez Total, alors qu'il coûte 1,81 € au Luxembourg. Ce qui fait en moyenne 18 centimes de moins le litre. Soit un gain de 9 € sur un plein de 50 litres.

LES CUVES DE DIESEL VIDÉES EN 24 HEURES

Même topo au sud de Metz, dans la station de Jouy-aux-Arches, non loin du centre commercial Waves, ce mardi. Livrée en carburant lundi matin à 9 heures, elle a fermé ses pompes de diesel avant 10 heures ce mardi. Juste sous les yeux de Jean-Luc, un retraité qui était aussi à "une voiture" de toucher son graal après avoir "fait les deux stations Total de Metz, également fermées".

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"Ici, on tient 24 heures", sous-entendu pour écouler 36.0000 litres de carburants, assure Stéphane Roth, gérant à la station TotalEnergies à Hagondange, non loin de l'A31. Les pompes de diesel sont prises d'assaut, celles qui servent du SP95 "résistent" une demi-journée de plus.

"Des Luxembourgeois, des Allemands, des Belges viennent faire le plein! Samedi je ne sais pas combien j'ai accueilli de camping-cars hollandais ! À quoi il faut rajouter les Français qui d'ordinaire faisaient le plein au Luxembourg. Et ça, personne ne l'avait anticipé", constate Stéphane Roth, devant sa station vide ce mardi. Il s'estime heureux car "en une semaine nous avons été livrés trois fois quand même".

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Une chance que n'ont pas tous les pompistes depuis que Total fait un carton. "Vivement que ça se termine la réduction", souffle carrément Kassim à la petite station TotalEnergies de Noisseville, à dix kilomètres à l'Est de Metz. Ses cuves n'ont pas été remplies depuis "deux semaines". Si bien que l'affichage des deux pompes est scotché.

PAS DE PÉNURIE... POUR LE MOMENT

Le succès de ses stations a-t-il dépassé TotalEnergies au point qu'il y a une pénurie ? "Il y a des manques dans certaines stations, mais il n'y a pas de pénuries de carburants", assure le service Presse de  TotalEnergies France contacté par RTL 5 Minutes. Avant d'assurer que "les approvisionnements se font en fonction de plannings de livraison" et que "des livraisons supplémentaires ont été mises en place pour répondre au mieux à la demande qui est de 30% supérieure à la normale au niveau national".

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Plane désormais l'incertitude de l'impact que créera la grève d'au moins trois jours démarrée ce mardi par les salariés de TotalEnergies en France pour réclamer notamment une hausse de leurs salaires, à l'appel de la CGT, en menaçant de bloquer l'approvisionnement des stations-service en carburants. "On appelle à ne sortir aucun produit des raffineries et de la pétrochimie, là où la CGT est implantée", a déclaré à l'AFP Benjamin Tange, délégué syndical central CGT du raffinage pétrochimie de TotalEnergies en France.

Parmi les principaux sites concernés se trouve la bio-raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône où le mouvement social a été  suivi par 80% des salariés. Un blocage qui équivaut selon Fabien Cros, secrétaire (CGT) du Comité économique et social (CSE) à "environ une centaine de camions citernes qui ne sortent pas, sans compter les produits normalement envoyés par train ou directement par pipeline". Cette raffinerie envoie des produits raffinés dans le Grand Est.

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