Le gouvernement français s'est engagé à prendre de nouvelles mesures pour lutter contre la circulation illicite de motos par des jeunes dans les banlieues du pays

Une décision qui intervient après que deux enfants ont été gravement blessés par un motard près de Paris le week-end dernier.

Les courses et les cascades nocturnes, connues sous le nom de "rodéos", sont devenues de plus en plus populaires dans les quartiers défavorisés en particulier, entraînant des perturbations de la circulation et des nuisances sonores qui ont été dénoncées par les autorités locales et de nombreux résidents.

TRAGÉDIE

Une fillette de 10 ans et un garçon de 11 ans ont été percutés par un cavalier alors qu'ils jouaient devant leur maison à Pontoise, au nord-ouest de la capitale. La fillette a subi un traumatisme crânien et reste dans un état grave à l'hôpital, tandis que le garçon a une jambe cassée. L'accident est survenu après qu'un homme de 19 ans a été tué en juin après avoir été renversé par un cycliste dans la ville de Rennes (ouest).

S'exprimant depuis la ville de Marseille, dans le sud du pays, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a déclaré: "j'ai demandé à la police d'intensifier ses interventions ce mois-ci", avec un objectif de 10.000 contrôles à l'échelle nationale. Néanmoins, les rodéos sont souvent tolérés ou défendus comme une sous-culture urbaine grinçante qui offre un exutoire aux jeunes mécontents, avec un film à venir, "Rodeo", qui semble glorifier les rassemblements et a généré un fort buzz au festival de Cannes en mai dernier. "Le gouvernement est très ferme - non pas contre les rodéos urbains que certains dépeignent de manière positive, comme s'il s'agissait d'un spectacle - mais contre ces actes criminels qui ont tué ou gravement blessé des femmes et des enfants, comme nous venons de le voir", a ajouté M. Darmanin.

APPLICATION DE LA LOI

Le ministre de l'Intérieur a souligné que la police avait mené 8.000 opérations de démantèlement de rodéos au cours des deux derniers mois, conduisant à 1.200 arrestations et à la saisie d'environ 700 motos et autres véhicules, dont des "quads" tout-terrain. En 2018, le Parlement a adopté une loi portant les peines encourues par les cavaliers à un maximum de cinq ans de prison. Mais la France n'a pas pris de mesures aussi drastiques que la Grande-Bretagne, où les policiers sont autorisés à foncer avec leur voiture sur les motards suspectés de crime pour les renverser, une pratique connue sous le nom de "contact tactique".

La réponse pénale est également essentielle. Les contrevenants risquent de 1 à 5 ans de prison, et de 15.000 à 75.000 € d'amende. Une peine suffisamment lourde pour prévenir la récidive des primo-délinquants. Depuis janvier 2022, la loi a évolué pour permettre de mieux identifier les véhicules utilisés, et d'aligner la réponse pénale pour ce genre de délit avec les refus d'obtempérer, ce qui donne une plus grande marge de manœuvre administrative pour les confiscations. Sans oublier la suspension du permis de conduire, ou l’interdiction de se présenter à l’examen, qui peut avoir un effet très dissuasif pour des jeunes qui sont mineurs ou tout juste majeurs.