Pour conquérir les Nancéiens, le public du Tour de France et ensuite des JO de Paris, le véhicule autonome d'Urbanloop a changé de look. Présenté ce vendredi à Nancy, son nouveau design sera soumis aux critiques pour évoluer encore.

Le projet étudiant porté par plus de 200 futurs jeunes ingénieurs de l'Université de Lorraine, devenu une startup deeptech, est bien lancé sur les rails du transport public... individualisé.

Pour concurrencer la voiture en ville, Urbanloop mise sur des véhicules de petite taille qui tournent à l'électricité et qui, grâce à l'intelligence artificielle peuvent circuler à une fréquence élevée, sans jamais être gênés dans leur course à 60 km/heure.

En mai 2021 la capsule d'Urbanloop était entré dans l'histoire des transports en battant le record du monde de consommation énergétique pour un véhicule autonome sur rail. Ce vendredi 1er juillet 2022 a été dévoilé en grandes pompes sur la Place Stanislas à Nancy le design de la nouvelle capsule "plus confortable" d'un mètre de large, de 3,20 mètres de long et de 1,60 mètre de haut seulement.

RTL

© Maxime Gonzales / RTL

Une capsule qui permet de transporter deux adultes (assis l'un en face de l'autre), ou un adulte avec deux enfants, ou encore un adulte avec son vélo. Sans oublier les personnes à mobilité réduite qui peuvent y accéder de plein pied et voyager avec leur accompagnateur.

Ses concepteurs savent que rien ne se fera sans l'acceptation du projet par les futurs usagers. Les internautes ont d'ailleurs été consultés à trois reprises via les réseaux sociaux en décembre pour voter le design leur convenant le plus. Une nouvelle fois, ce samedi 2 juillet, les visiteurs pourront tester en direct la nouvelle capsule sur la Place Carrière, fraîchement "sortie d'usine" et donner leurs impressions pour continuer à faire évoluer son design.

Quelques jour plus tard, à l'occasion du départ du Tour de France à Tomblaine le 8 juillet, ils pourront même assister aux premiers tours de piste de la nouvelle capsule (de 14h à 18h) sur le circuit d'essais de 1.200 mètres de long.

Pratiquement, "ça fonctionne à la manière d’un ascenseur. On arrive devant le véhicule, on appuie sur le bouton, les portes s’ouvrent et ensuite on a juste à sélectionner sa destination, comme on sélectionne l’étage d’un ascenseur et on se laisse aller. On arrive directement à destination sans attendre, sans arrêt et sans correspondance intermédiaire", résume Jean-Philippe Mangeot, directeur d'Urbanloop SAS.

RTL

© Maurice Fick / RTL

"Comparé à une voiture, on a un véhicule qui est très léger, vu qu’on ne transporte pas nos propres batteries. Ici on récupère l’énergie directement sur le rail. Ce qui allège le véhicule et qui fait qu’on consomme moins d’énergie lorsqu’on roule", explique Thomas Baroche, directeur de la recherche et du développement.

Concrètement et c'est le leitmotiv du projet depuis le départ, "ça coûte moins de 1 centime d'électricité par kilomètre parcouru en une minute", pose Jean-Philippe Mangeot, sachant trop bien combien l'argument du coût énergétique pèse dans les têtes des décideurs politiques à l'heure de la flambée des prix des énergies. Il assure qu' "une multitude de petites capsules ne vont pas consommer plus qu'un transport de masse (tram, métro), même ramené à la personne".

Le métro "coûte 100 millions d’euros du kilomètre pour une vitesse moyenne de 25 km/h. Le tramway coûte 20 millions d’euros du kilomètre pour une vitesse moyenne de 25 km/h. C’est bien pour les grandes villes de plus de 200.000 habitants", explique le directeur d'Urbanloop. Il assure qu'à l'heure actuelle et "pour toutes les autres communes en France, et au Luxembourg, il n’y a pas de solution qui soit adaptée à la densité du territoire, qui soit accessible à tous". Urbanloop coûterait de "1 à 6 millions d'euros du kilomètre pour une vitesse de 60 km/h".

RTL

© Urbanloop

Une première démonstration grandeur nature doit être réalisée par Urbanloop lors des Jeux olympiques de Paris 2024 sur un circuit autorisé à transporter du public. Il reliera le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines au stade nautique, soit 2,2 km de rails sur lesquels circuleront les dix premières capsules.

Une expérience-vitrine qui devra servir à améliorer encore les caractéristiques d'Urbanloop en vue de la construction de la première boucle en milieu urbain à Nancy à l'horizon 2026. Les capsules relieront alors le parking-relais de Maxéville (au bord de l'A31) au centre-ville en 3 minutes. Projet qui redonnera vie à la trace d'une ancienne voie ferrée et dont l'emprise de 6 mètres de large permettra en même temps de créer une piste cyclable et une piste dédiée aux piétons.

RTL

© Urbanloop

À lire également:

Mobilité du futur: La petite capsule Urbanloop bar un record du monde à Nancy