Ne dites plus monsieur le Premier ministre, mais madame la Première ministre. Emmanuel Macron a finalement décidé de désigner Elisabeth Borne pour diriger le nouveau gouvernement. L’ancienne ministre du Travail du président réélu remplace ainsi Jean Castex, qui avait présenté sa démission plus tôt dans la journée.

"Le Président de la République a nommé Mme Elisabeth Borne Première ministre et l’a chargée de former un gouvernement", a déclaré la présidence dans un communiqué. "C’est le choix de la compétence au service de la France, d'une femme de conviction, d’action et de réalisation", a expliqué par ailleurs l’Elysée.

A 61 ans, celle qui était jusqu'à présent ministre du Travail devient la deuxième femme à entrer à Matignon après Edith Cresson, restée onze mois à ce poste de mai 1991 à avril 1992, durant le second septennat François Mitterrand.

Polytechnicienne, Elisabeth Borne, passée depuis 2017 par les Transports puis par la Transition écologique, est une des tenantes de l’aile gauche du gouvernement et connue pour sa rigueur et ses compétences.

Elle a été préfète de la région Poitou-Charentes de 2013 à 2014, puis directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie de 2014 à 2015, avant de prendre la tête de la RATP jusqu’à son entrée au gouvernement en 2017.

Son nom était régulièrement cité depuis la réélection d'Emmanuel Macron le 24 avril. Le président avait précisé vouloir un Premier ministre au profil "social, environnemental et productif".

"Elle a la culture de l’Etat, du territoire et de l'entreprise" et a démontré "sa capacité à mener des réformes", a souligné l'Elysée. "La transition écologique est au coeur de son engagement" et c'est "une femme de gauche avec un engagement social, notamment pour la jeunesse, avec l'apprentissage et le contrat d’engagement jeunesse".

De plus, Elisabeth Borne est "engagée depuis le début au côté du président et au cœur de la majorité", en ayant adhéré à LREM en 2017, a-t-elle ajouté.

La formation du gouvernement devrait désormais intervenir dans les "jours qui viennent", a-t-on indiqué dans l'entourage du président.

"PARMI LES FIGURES LES PLUS DURES DE LA MALTRAITANCE SOCIALE"

La nouvelle Première ministre Elisabeth Borne est "parmi les figures les plus dures de la maltraitance sociale" dans la macronie, a dénoncé lundi Jean-Luc Mélenchon, qui espère être nommé à Matignon si la Nouvelle union de la gauche (Nupes) remporte les législatives de juin.

"Sa nomination commence dès les premiers instants par une tentative de tromperie, Mme Borne serait une femme de gauche", mais "nous ne lui accordons pas ce label", a affirmé M. Mélenchon dans une déclaration à la presse. Il a cité plusieurs réformes portées par l'ancienne ministre du Travail, qu'il tient notamment pour "personnellement responsable qu'un million de chômeurs aient leur allocation baissée", et souligné qu'elle s'était "prononcée pour la retraite à 65 ans".