La gare d'Avricourt, un monument datant de l'Empire allemand, est en vente sur un site de petites annonces, pour 940.000 euros. Le maire, qui n'était pas au courant, le vit très mal.

Autrefois appelée gare de Deutsch-Avricourt, la gare de Nouvel-Avricourt est un bâtiment qui ne passe pas inaperçu.

Mis en service en 1875, cet édifice construit en pierre de taille était voulu comme une vitrine de la puissance de l’Empire allemand. Mais un siècle plus tard, en 1969, son destin ferroviaire s'arrêta net, lorsque la gare fut définitivement fermée en raison de la création de la gare d'Igney-Avricourt, à proximité.

Depuis, les propriétaires et les projets de réhabilitation se sont succédé, certains rêvant de la transformer en hôtel, boîte de nuit, brasserie ou musée. Des projets qui sont, hélas, restés à quai, tandis que la gare se délabrait au fil des ans et des squattages...

L'actuel propriétaire, un chef d'entreprise résidant à proximité, avait lui aussi déclaré vouloir en faire un lieu dédié à l'évènementiel. "Sur le papier, c'était séduisant", rapporte le maire Éric Denny. Sa surprise a donc été grande lorsqu'il a découvert que la gare était en vente sur le site de petites annonces Leboncoin!


ACHETÉ MOINS DE 75.000 EUROS

"On le vit très mal" déclare le maire. D'autant que le propriétaire "l’a achetée moins de 75 000 euros et il la revend maintenant 940 000 euros ! Le prix est ahurissant et injustifié !", s'insurge le maire, cité dans Le Parisien. D'autant que ce propriétaire avait demandé le classement aux monuments historiques, qui avait été accepté en 2019. A-t-il été effrayé par le coût des travaux de restauration, estimé à plus d'un million d'euro?

"Ce bâtiment est à réhabiliter et ouvre droit à une exonération fiscale. Avec environ 800m² par étage, elle dispose d’un fort potentiel pour un projet de rénovation, pour une salle de réception, déjà établie par un architecte agréé Bâtiment de France" peut-on lire sur la petite annonce.

"Je pense qu’il a été dépassé par les évènements, il m’a dit avoir eu plus de 130 000 euros de frais d’études d’architecte, mais quand on achète un tel bâtiment qu’on fait classer, il faut s’attendre à des sommes colossales de travaux" déclare encore le maire dans le Parisien. Il ne peut que constater la dégradation de ce lieu chargé d'histoire: "Depuis son acquisition en 2018, le propriétaire n’a rien fait. Les planchers s’écroulent. Elle n’est toujours pas hors d’eau, ni hors d’air. C’est triste" conclut-il.