Les automobilistes sont les premiers touchés par les multiples augmentations de prix aux stations-service. En France comme au Luxembourg, vous êtes nombreux à évoquer une situation "injuste". Heureusement, certains parviennent à s'en tirer à bon compte. Voici vos réactions.

Les prix flambent et le portefeuille des automobilistes est en surchauffe. Depuis plusieurs semaines, les carburants ont connu de multiples hausses de prix, jusqu'à une dernière jamais vue: +18 centimes sur le diesel depuis samedi au Luxembourg. De quoi provoquer une pagaille sans précédent dans les stations-service vendredi soir, quelques heures avant le changement de tarif.

En France, des hausses de "huit à dix centimes" sont attendues cette semaine, a prévenu Michel Edouarc-Leclerc, patron des enseignes Leclerc.

Pour ceux qui ne peuvent se déplacer autrement qu'en voiture, le cours du baril, les taxes, et maintenant les affrontements en Ukraine, grignotent leur budget mobilité. En un an, les prix des produits pétroliers ont augmenté de plus de 50%.

Actuellement, au Luxembourg, un plein de 50 litres de diesel vaut plus de 86€. Soit 20€ de plus que pour le même plein début mars 2021. Et presqu'autant que le prix de l'abonnement mensuel SNCF Metz-Luxembourg (91€). Pour un automobiliste qui doit le renouveler chaque semaine, c'est plus de 300€ de budget (+80€ par mois en un an).

De nombreux lecteurs se sentent pris pour des vaches à lait. Paul, un Luxembourgeois, évoque une tendance "effrayante". C'était "inévitable" mais cela reste "scandaleux" juge un lecteur anonyme. Des prix records "honteux" renchérit Jean Jacques, installé au Luxembourg. "Ce n'est pas normal" dit Al. Voire même "vous ne vous attendiez pas à ce qu'on vous dise que ça nous plaît?" ironise un autre.

Michel parle lui d'"injustice" pour les travailleurs et les retraités, alors que l'État continue d'encaisser des revenus fiscaux grâce aux taxes. "Cette hausse du prix n’est que synthétique et politique, car il y a assez de pétrole dans le monde…" Encore faut-il que les pays producteurs acceptent de relever le nombre de barils pompés, ce qu'ils ont refusé de faire la semaine passée. Sans compter le cours du pétrole, tiré vers le haut par la crainte de sanctions occidentales plus fortes.

Teddy, un résident du Luxembourg, craint les conséquences pour les "ménages modestes". "Trop d'impôts sur les carburants" assure Pierre. À Bertrange, Cat insiste pour que le gouvernement réduise les accises sur les carburants, sous peine de les voir devenir des "produits de luxe". "Cela prouve notre dépendance énergétique et économique" ajoute-t-elle.

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UNE HAUSSE PEU "GÊNANTE" POUR CERTAINS

Pour certains, qui ont pu renoncer à la voiture, la flambée du prix des carburants est devenu un sujet observé d'un oeil un peu distant.

Seb, un frontalier employé au Kirchberg, ne s'attendait pas à une telle explosion. S'il avait bien vu la tendance fin 2021, il n'imaginait pas le prix s'approcher des 2€ par litre, comme c'est le cas en France. Épargné grâce au télétravail, il n'oublie pas qu'il faudra bientôt "retrouver le train-train quotidien" et ses 600 km par semaine.

Face à la hausse des prix des carburants, lui a choisi un changement radical: troquer sa voiture hybride contre un modèle électrique. "La voiture doit arriver d'ici quelques jours" espère-t-il. De quoi réaliser de belles économies, puisqu'il estime que son budget carburant hebdomadaire lui permettra de tenir un mois en électrique. "Ça fait dix ans que j'attendais que la technologie devienne utilisable" en termes d'autonomie et de bornes de recharge, évoque-t-il. Il estime qu'un "plein" électrique lui permettra de réaliser deux allers-retours à son travail. À Thionville, Jean-Louis aussi dit "rouler en électrique", ce qui le protège des variations du marché du pétrole.

Dans une situation proche, Tom nous explique avoir abandonné ses trajets en voiture: plutôt que de rouler 100 km aller-retour entre Pont-à-Mousson et Hagondange, il a opté le train depuis trois ans maintenant. Un choix motivé par souci d'écologie et de gain de temps libre (il explique être plus tranquille dans le train, ndlr). Avec environ 22.000 km/an de moins sur son trajet Pont-à-Mousson/Hagondange, il se dit "assez peu touché" par les prix actuels.

Gilles, lui aussi installé au Luxembourg, s'en tire mieux que les autres: ses déplacements se font principalement à pied. De quoi limiter la casse pour son portefeuille: "C’est gênant mais vu que je prends ma voiture uniquement le weekend, et qu’en semaine je vais à pieds au travail, cela ne m’impacte pas beaucoup."

Et vous, comment réagissez-vous face à la hausse des prix des carburants? On en discute en commentaires.

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