Élus, directeurs et directrices d'hôpitaux, professeurs de médecine... 466 personnes ont signé une tribune ce lundi dans le journal Le Monde.

Dans cette tribune, elles appellent à un "sursaut républicain face aux attaques" subies par les soignants qui participent à la politique de vaccination contre le Covid-19. Parmi les signataires, Martine Aubry, maire de Lille, Christian Estrosi, maire de Nice, Anne Hidalgo, maire de Paris, ou encore Francois Crémieux, directeur général de l’AP-Hôpitaux de Marseille et lui-même ciblé par des tags injurieux en marge d'une manifestation contre le pass sanitaire, et Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP.

DÉGRADATIONS ET MENACES DE MORT

Cette tribune fait état des "dégradations et des tentatives de violation de domicile, des menaces de mort, des manœuvres d’intimidation sous la forme d’insultes ou de propos appelant à la haine, très directement, sur les réseaux sociaux et dans la presse écrite", les signataires dénoncent une situation "intolérable et inquiétante". "Cette situation est le fait d’une minorité active", jugent-ils. "Pour autant, (...) elle appelle à la plus grande vigilance face à de possibles passages à l’acte." Et de poursuivre : "Nous affirmons notre pleine et entière solidarité avec nos collègues [directeurs, médecins, soignants visés] et appelons à un sursaut républicain le plus large possible pour faire cesser au plus vite ces agissements."

"C'EST LA SANTÉ DE CHACUN(E) QUI EST VISÉE"

"Dans cette pandémie, notre seul ennemi, c’est le virus. Notre seul objectif, partagé de tous, c’est sauver des vies, prévenir des maladies et des souffrances", ajoutent les signataires. Estimant qu'une issue à la crise sanitaire est envisageable grâce à la vaccination, ces élus et professionnels de santé rappellent agir "dans un cadre légal, éthique, professionnel, humain. Depuis le début de cette crise, nous ne ménageons pas notre peine ni n’ignorons celle des patients et de leurs proches. Nous aspirons, comme l’ensemble de la population, à sortir au plus vite de cette crise et de cette succession de vagues épidémiques, pour pouvoir continuer à nous consacrer aux soins de tous."

"Quand des acteurs hospitaliers sont attaqués parce qu’ils font leur métier, c’est la santé de chacun(e) qui est visée. Nous savons que l’immense majorité de la population et des communautés hospitalières partage les mêmes valeurs, le refus de la haine, de la violence et de l’intolérance, et est aussi choquée que nous par les comportements inacceptables de quelques individus."

PLAINTES

Les signataires invitent l'État, les entreprises de réseaux sociaux mais aussi la Justice à agir. "Nous appelons tous les élus et les responsables publics à se poser en protecteurs de l’hôpital, de tous ceux qui le servent et à contribuer au climat serein et respectueux qui doit, en toutes circonstances, marquer les lieux de soins que sont les hôpitaux. Nous invitons les gestionnaires de réseaux sociaux à empêcher la diffusion des propos haineux, diffamatoires et violents." 

"Enfin, nous avons confiance dans les pouvoirs publics et la justice pour qu’ils prennent les_mesures prévues par la loi contre les personnes responsables de ces attaques, et protègent les professionnels qui en sont victimes. Leurs plaintes doivent être instruites avec diligence, concourant ainsi au respect d’un cadre républicain qui est aujourd’hui clairement mis sous tension. Rien ne détournera les hospitaliers de leurs missions pour la santé de la population du pays."

La liste complète des signataires est à retrouver ici.