Les élus de l'Eurométropole de Strasbourg ont dévoilé mardi, à la veille de son entrée en application, le dispositif de gratuité des transports en commun dans l'agglomération pour les moins de 18 ans, insistant sur l'aspect social et écologique de la mesure.

Dès mercredi, les 84.200 mineurs résidant dans les 33 communes de l'agglomération ou à Kehl (ville allemande juste de l'autre côté du Rhin, desservie par le réseau de tramways strasbourgeois) pourront accéder avec un abonnement gratuit au réseau de transports en commun, qui compte notamment six lignes de tramway, 40 lignes de bus et 13 circuits scolaires.

"Près de 46.000 souscriptions ont déjà été enregistrées, soit plus de la moitié du public cible", s'est félicitée Pia Imbs, la présidente de l'Eurométropole (proche des écologistes).

Pour la collectivité, "l'objectif principal" de cette mesure est de "fidéliser les adultes de demain" dans leur usage des transports en commun, et "d'inciter les parents à ne pas utiliser la voiture" pour les déplacements de leurs enfants.

"L'enjeu est aussi celui de la qualité de l'air, et pour les familles, cela représente un gain de pouvoir d'achat de 500 euros par an pour un couple bénéficiaire de deux Smics avec deux enfants", a ajouté l'élue. "Ainsi, nous réaffirmons le droit à la mobilité pour tous".

Cette mesure coûtera entre 6 et 7 millions d'euros "en année pleine" à l'Eurométropole.

"C'est une vraie joie de voir se concrétiser ce qui était un engagement" pris lors de la campagne municipale, a déclaré la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian. "C'est un marqueur fort de la priorité donnée à la politique de mobilité et un engagement qui aura évidemment un impact environnemental".

Malgré le succès de la mesure, qui apporte "12% d'abonnés en plus pour la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS)", selon Alain Jund, vice-président de l'Eurométropole chargé de la mobilité, une augmentation du nombre de véhicules sur le réseau n'est pas envisagée dans l'immédiat.

"On ne sait pas encore quels vont être les types de déplacements et sur quels tronçons du réseau", a expliqué Mme Barseghian. L'abonnement permettra de tracer les déplacements et de "réajuster en conséquence".

La mesure a été présentée comme une "première nationale pour une métropole dotée d'un réseau de tramway". Une mesure équivalente doit également entrer en vigueur à Montpellier le 1er septembre et le 1er janvier à Lille.