Les annonces d'Emmanuel Macron ont incité des centaines de milliers de Français à se faire vacciner. Comment les villes font-elles face à cette "vague" en plein cœur de l'été, alors que nombre de bénévoles et soignants sont épuisés et que les équipes municipales doivent reprendre leurs activités à la rentrée?

Le centre de vaccination de Thionville ne désemplit pas, sans qu'il y ait foule. Pour une première dose ou une seconde, volontaires à la vaccination convaincus ou récalcitrants obligés par les mesures à venir, tous se croisent à l’accueil dans le calme, guidés par des bénévoles aguerris.

En coulisse, les responsables sont confrontés à des forces qui s'opposent. Ils doivent accueillir les nombreuses personnes qui désirent se faire vacciner après les annonces de la mise en place du pass sanitaire en France. À la suite de l'allocution du Président Macron, 250 créneaux se sont remplis en une demi-heure le 16 juillet.

Mais ils doivent aussi veiller au nécessaire repos des bénévoles qui œuvrent depuis six mois et penser au retour à leurs activités courantes des agents municipaux.

DU REPOS POUR LES BÉNÉVOLES

Vacciner n'est pas un problème selon le maire de Thionville qui chapeaute le dispositif. "Nous, on ne change rien. Depuis le 26 février, nous sommes le plus grand centre de vaccination de Moselle", affirme Pierre Cuny qui met en avant le bilan du lieu. Au 17 juillet, les quatre lignes du centre, alors installé au Théâtre municipal, ont permis d'injecter 72.564 doses de vaccin. Entre 800 et 900 doses sont distribuées quotidiennement.

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Pierre Cuny, maire de Thionville, devant le centre de vaccination. / © RTL

Le 14 août prochain, l'objectif est d'atteindre les 81.000 doses. Pour y parvenir, les équipes municipales ont modifié leur stratégie. "Dès cette semaine, nous avons réduit à deux lignes. Nous avons quitté le Théâtre municipal qui doit reprendre ses activités culturelles d'ici un mois", explique Pierre Cuny. Le nouveau centre, qui n'est pas loin de l'ancien, dispose d'environ 400 doses par jour. Ces bouleversements sont liés à deux volontés de la mairie.

"Il faut que nos bénévoles, qui étaient partis pour une aventure de deux mois et qui est aujourd'hui de plus de six mois, se reposent, car ça fatigue" explique Pierre Cuny. L'élu thionvillois annonce aussi une interruption des vaccinations du 14 août au 4 septembre afin que chacun puisse profiter un peu des vacances. En tout, le centre de vaccination municipal aura mobilisé quelque 150 bénévoles, une centaine de médecins, une centaine d'infirmières et environ 70 agents municipaux.

PRÉPARER LA REPRISE DES ACTIVITÉS MUNICIPALES

La seconde raison de la réduction des capacités est liée aux missions attribuées à une commune. "À partir de septembre, toutes les activités reprennent. Et, à un moment donné, soit je ferme des services publics et je fais de la vaccination, soit ceux qui sont fléchés pour faire de la vaccination le font et la mairie continuera son service public", constate Pierre Cuny.

Pour lui, si "les collectivités ont remplacé le système de soins pendant un temps", aujourd’hui c'est "l’ensemble du système de santé français, qui doit prendre maintenant le relais des collectivités territoriales". Le maire salue le travail de vaccination déjà mis en place dans les hôpitaux, mais il se projette plus loin. "Il faut qu'à l'Agence Régionale de Santé ils aient une réflexion, et je sais qu'ils l'ont, pour que le vaccin soit disponible en pharmacie, en médecine libérale, en médecine de ville. Il faut que chacun mette sa pierre à l'édifice".

Une perspective de voir petit à petit certains centres de vaccination fermer en France, comme c'est déjà le cas au Luxembourg. À Thionville, tous les créneaux sont complets jusqu'à la pause d'août, mais la volonté de ne perdre aucune dose permet de se présenter au centre pour potentiellement en bénéficier.