On en sait un peu plus sur la trentaine de voitures-radar privatisées qui vont bientôt débarquer dans le Grand Est.

Nous l’annonçions en mai dernier : les voitures radars privées vont bientôt débarquer dans le Grand Est. Or, des médias ont pu approcher des conducteurs de ces voitures, qui commencent déjà à faire du repérage sur les routes du Grand Est. Si on en croit ces témoignages, ils devraient commencer à flasher pour de bon dès octobre prochain.

Rassurons donc ceux qui ont déjà aperçu ces voitures banalisées, elles ne verbalisent pas encore les automobilistes. Car sur les réseaux sociaux, certains font déjà la chasse à ces voitures choisies pour leur discrétion (Peugeot 308, Renault Mégane, Ford Focus et autres Seat Leon…). Si des automobilistes pensent en avoir été victime, il s’agit donc d’une méprise, seuls les véhicules des forces de l’ordre (banalisés ou non) flashent les automobilistes pour l’instant.

UN JOB BIEN PAYÉ, MAIS DIFFICILE À ASSUMER

Être payé 22.000 euros par an pour conduire en moyenne 5h30 par jour : on comprend pourquoi ce nouveau métier de chauffeur de voiture radar privée a déjà trouvé des candidats, même s’ils ne s’en vanteront sûrement pas. Tout le monde peut postuler, sous certaines conditions évidemment (avoir minimum 10 points sur son permis, un casier judiciaire vierge, une conduite irréprochable…). Mais il faudra être souple sur les horaires: le conducteur est disponible la semaine comme le week-end et les jours fériés, et de jour comme de nuit.

Rappelons aussi que les radars infrarouges seront installés à l’avant comme à l’arrière, ce qui permet à la voiture de détecter  "soit un véhicule qui [la] croise, soit qui [la] double". Le radar s’occupe de tout, en flashant (discrètement, sans flash visible) les automobilistes à partir de 10 km/h au-delà de la vitesse autorisée.

A noter que selon la Ligue de défense des conducteurs, ces voitures privées rapportent gros. Pour l'État avant tout, puisque la Ligue estime que le gain net est en moyenne de 194.000 euros par an pour les caisses publiques.

D'ailleurs, le rendement des "flasheurs privés" serait plus de 10 fois supérieur à celui des voitures-radar de la police, estimé à 12.600 euros par an. Il faut dire que les forces de l'ordre passeraient en moyenne 1h12 dans ces véhicules (contre 5h30 pour les privés), et dresseraient 0,46 contraventions par heure (contre 2,09 par heure pour les privés).

Alors qu'on compte actuellement une quarantaine de ces voitures privées en France, et 360 voitures-radars de la police, le rapport de force pourrait rapidement s'inverser avec 450 véhicules privés sur les routes d'ici fin 2021.