Les "poils à gratter" des chenilles urticantes "impactent sérieusement la population thionvilloise" et le phénomène persistera "jusque fin juin, début juillet", prévient Jean-Christophe Hamelin-Boyer en charge de la prévention sanitaire. La Ville s'apprête à tester un nouveau traitement pour neutraliser les nids avec de l'huile.

La flambée d'urticaire qui touche de plein fouet Luxembourg mais aussi sa voisine Thionville, depuis la fin de semaine passée, finira bien par s'estomper vers  "fin juin, début juillet", assure Jean-Christophe Hamelin-Boyer, conseiller municipal en charge de la prévention sanitaire et des forêts. Les 42.000 Thionvillois vont devoir patienter mais surtout "vivre avec les chenilles", sous-entendu durant plusieurs années, prévient d'emblée Patricia Renaux, adjointe à l'Environnement.

Elle ne cherche pas à minimiser l'ampleur du phénomène qui a provoqué des pénuries de crèmes antihistaminiques dans les pharmacies thionvilloises samedi (pas d'inquiétude, le réapprovisionnement est fait), au contraire: "C'est un fléau extraordinaire que nous subissons tout particulièrement cette année !"

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© Maurice FICK / RTL

Pharmacien de son état, Jean-Christophe Hamelin-Boyer est témoin de la "pullulation brusque de chenilles processionnaires qui a impacté sévèrement la population".

CEINTURE BOISÉE, MÉTÉO DÉFAVORABLE ET... DU VENT

Le phénomène inattendu à ce niveau de "contamination" par les airs (les micro-poils des chenilles volent sur des kilomètres) trouve son explication première dans le "paradis vert" que forment les 700 hectares de forêt (dont 80% de chênes et de hêtres) bordant la ville sur tout son flanc Ouest. Les "nids" de chenilles qui se forment à la cime des arbres se développent d'abord en périphérie des bois.

Suit la météo: "La sécheresse et le réchauffement climatique sont favorables à la prolifération des chenilles processionnaires du chêne et les hivers pas assez rigoureux. Il faudrait une période de gel à -5°C au moins durant une semaine pour les détruire", assure Jean-Christophe Hamelin-Boyer. Un bon coup de vent sur le tout et hop les poils urticants sont disséminés.

Mais "dans 99% des cas, c'est relativement bénin. Ce n'est pas la peine d'encombrer les urgences", prévient M. Hamelin-Boyer. Précisant qu'il "suffit d'utiliser une pommade anti-inflammatoire à base de cortisone qu'on associe à une molécule antihistaminique". Le mot d'ordre lancé ce mardi par la mairie est: "Sortez couverts!" C'est-à-dire préférez porter des manches longues, des pantalons plutôt qu'un short mais aussi casquette, lunettes (les micro-poils peuvent aller dans les yeux) et... le masque.

DES NIDS EN VILLE

Les premiers foyers de chenilles sont apparus en 2019 et malgré les traitements phystosanitaires préventifs, exclusivement bio précisent les édiles, les nids de chenilles "ont largement progressé sur la ville, de sorte qu'on en a un peu partout", reconnaît Patrick Thony, directeur général des Services techniques. Ce mardi matin un nid a été repéré boulevard Foch. Plusieurs parcs du centre-ville sont infestés et des "foyers très importants" ont été repérés à Garche.

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© Dominique Steinmetz / Ville de Thionville

Les nids de chenilles urticantes sont traités en mars et avril à l'aide du bacille de Thuringe, par brûlage quand c'est possible ou carrément avalés par un aspirateur. Pour atteindre ceux qui sont placés au plus haut les services techniques "vont s'équiper d'un nouvel atomiseur" et tester une nouvelle technique "en début de semaine prochaine", assure Patrick Thony. Il explique: "Nous allons utiliser un produit à base d'huile qui va étouffer les nids grâce à une camisole grasse qui empêchera les poils de s'envoler".

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