Jürgen Conings, militaire d'extrême droite recherché pour "tentative d'assassinat terroriste" en Belgique, a été retrouvé mort.

Le militaire d'extrême droite radicalisé Jürgen Conings a "été retrouvé mort", ont annoncé dimanche dans un communiqué commun la ministre et le chef de la Défense belges, confirmant que le cadavre retrouvé dimanche était le sien.

Cette confirmation intervient après un communiqué du parquet qui avait indiqué que "selon les premiers éléments de l'enquête", le corps retrouvé dans l'est de la Belgique serait celui du militaire, recherché depuis plus d'un mois.

Le militaire d'extrême droite Jurgen Conings était recherché depuis le 17 mai. Cette affaire a secoué la défense belge en raison des failles apparues dans la surveillance des éléments radicalisés au sein de l'armée.

D'après les premières constatations, la cause de la mort est imputable à un suicide par arme à feu qui devra être confirmée par une expertise médico-légale, a indiqué le parquet dans un communiqué.

DES ARMES ET DES MUNITIONS

Considéré comme dangereux, le militaire de 46 ans, fiché par l'organisme belge d'analyse de la menace terroriste (Ocam), était soupçonné de vouloir s'en prendre à l'Etat belge et à un virologue connu dans le pays.

Il avait malgré tout accès à des armes et des munitions dans sa caserne. Quatre lance-roquettes antichar et des munitions avaient été retrouvés dans son véhicule abandonné et il était vraisemblablement en possession lors de sa cavale d'un armement plus léger.

Le corps de l'homme a été découvert par des promeneurs dans les bois de la commune de Dilsen-Stockem, dans une zone où des recherches avaient été effectuées à plusieurs reprises après la découverte de son véhicule, le 18 mai au lendemain de sa fuite.

D'après des lettres retrouvées par les enquêteurs, Conings semblait déterminé à s'en prendre à des représentants de l'Etat et au virologue belge Marc Van Ranst, expert très en vue dans la pandémie de coronavirus. Ce dernier était placé depuis sous protection policière ainsi que sa famille dans un lieu tenu secret.

Un juge d'instruction avait été saisi d'une enquête pour "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste".

Conings avait été placé sur la liste de l'Ocam en février dernier mais ni les hiérarchies du ministère de la Défense ni celle du renseignement militaire n'avaient été informées de cette inscription.

SOUTIEN SUR LES RESEAUX SOCIAUX

Il avait été sanctionné par sa hiérarchie en 2020 en raison de son profil radicalisé et de propos racistes sur Facebook, par le retrait de son habilitation de sécurité. Mais en tant qu'assistant des instructeurs militaires préparant les candidats aux missions à l'étranger, il avait accès au dépôt d'armes.

Depuis le fuite de Conings, 12 militaires ont été écartés des dépôts et des lieux sensibles en raison de leurs opinions radicales. Le gouvernement belge s'est engagé à durcir les règles d'accès aux armements et plusieurs enquêtes internes ont été déclenchées.

Une mobilisation sur les réseaux sociaux, notamment de membres ou anciens de l'armée, en faveur du militaire avait suscité l'inquiétude de la ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder.

"Il est regrettable que certains militaires ou anciens militaires aient affiché leur soutien (...). Ils nuisent à la réputation et à l'honneur des 25.000 femmes et hommes qui composent la Défense", avait-elle déploré fin mai.