Le parquet de Nancy annonce que l'ex-militaire interpellé mardi dans les Hautes-Pyrénées dans l'enquête sur l'enlèvement de la petite Mia sera présenté vendredi à un juge d'instruction "en vue de sa mise en examen" pour "non dénonciation de crime".

Christophe M., un lieutenant-colonel de l'armée de terre à la retraite demeurant dans le département des Hautes-Pyrénées, a reconnu lors de ses auditions avoir adhéré en octobre 2020 à l'organisation dirigée par Rémy Daillet, une figure du mouvement complotiste soupçonnée d'avoir organisé l'enlèvement de la fillette.

"A compter de janvier 2021, (l'ex-militaire) se verra confier des responsabilités visant à contribuer à structurer cette organisation", précise le procureur de la République, François Pérain, qui entend requérir son placement en détention provisoire.

"Il a reconnu avoir donné des conseils sur la manière d'organiser des enlèvements d’enfants", mais a nié "avoir participé aux réunions préparatoires à l'enlèvement de Mia", ajoute-t-il.

Selon M. Pérain, Christophe M. a expliqué avoir quitté l'organisation en mars dernier pour plusieurs raisons dont un "désaccord avec Rémy Daillet sur l’organisation des enlèvements d’enfants".

HUIT PERSONNES EN DÉTENTION PROVISOIRE

Mia, 8 ans, avait été enlevée mi-avril à la demande de sa mère par plusieurs hommes alors qu'elle était hébergée chez sa grand-mère maternelle dans un village des Vosges. Sa mère n'avait alors plus le droit de la voir seule, ni de lui parler au téléphone.

Une "alerte enlèvement" avait rapidement été diffusée et d'importants moyens policiers avaient permis de la retrouver cinq jours plus tard avec sa mère en Suisse.

L'enquête a mis en cause dans l'organisation de cet enlèvement Rémy Daillet, arrêté fin mai en Malaisie, où il résidait depuis plusieurs années.

Dans le cadre de cette affaire, huit personnes, dont la mère de la fillette, proches de la mouvance anti-système et complotiste, ont déjà été mises en examen et placées en détention provisoire.