Véronique veut pouvoir rendre visite à sa mère, 84 ans, hospitalisée à Seraing (Belgique), mais les restrictions sanitaires liées au coronavirus l'en empêchent.

"Ma maman va finir par mourir de chagrin", se désole Véronique. Depuis le 30 mai dernier, cette habitante de Neupré est séparée de sa mère, Yvette. Et plus les jours passent, plus la situation est dure à vivre.

Âgée de 84 ans, cette dernière a fait une chute le 30 mai dernier et a dû être hospitalisée au Centre Hospitalier Bois de l'Abbaye à Seraing. Après un examen, le diagnostic est tombé: fracture de la hanche. Plusieurs semaines seraient nécessaires avant que l’octogénaire puisse retrouver le domicile familial.

En attendant son rétablissement, elle se retrouve seule dans sa chambre d’hôpital sans qu’aucun proche ne puisse lui rendre visite. "On me dit que les visites dans les hôpitaux sont interdites à cause du covid", désespère Véronique. Avant d’ajouter: "Je trouve que cette interdiction est exagérée. Maman est confuse et ne comprend pas que je ne vienne pas. Si seulement je pouvais la voir au moins une à deux fois par semaine". Véronique doit donc se contenter d’un coup de fil de temps en temps et de nouvelles de son état de santé via les infirmières.

Les visites permises pour les hospitalisations longues durée

Afin de comprendre les règles qui régissent le centre hospitalier Bois de l'Abbaye, nous contactons son responsable communication, Nicolas Petterle. Lorsque nous décrivons la situation de Véronique et Yvette, le porte-parole se dit surpris. Car cela ne ressemble pas aux règles en vigueur au sein de son établissement. "Les visites ne sont pas autorisées. Mais pour les hospitalisations longue durée, avec l'accord du médecin référent, il est tout à fait possible de rendre visite à un patient. Le médecin référent reçoit les demandes et octroie l'accord de visites dans le respect des règles", nous détaille Nicolas Petterle. Par "hospitalisation longue durée", on entend des séjours de plus de 7 jours. En-dessous de cette période, aucune visite n'est permise. Des assouplissements supplémentaires existent également dans les services de maternité, de néonatologie, de pédiatrie ou encore pour l’accompagnement de personnes en fin de vie.

Le responsable communication nous explique que, pour obtenir un droit de visite pour une hospitalisation longue durée, la procédure est simple. Au début de la crise, lorsque les hôpitaux ont dû réguler l'afflux de visiteurs, les médecins référents se succédaient. Afin d'uniformiser cela, ils ne sont désormais plus que 3. Il est Il suffit de prendre rendez-vous auprès de ces professionnels.

Dès lundi, une visite par jour sera possible pour tout le monde

En fonction de la situation du patient, le médecin référent de l'hôpital émet un avis. "Le médecin référent, également président du Conseil médical, donne suite à toutes. Sauf s'il y a un risque pour le patient", nous explique-t-il.

Afin que notre témoin Véronique puisse enfin rendre visite à sa mère, le responsable prévoit de faire le nécessaire. "Cette dame peut me contacter et je lui indiquerai comment faire", accepte-t-il.

À partir de ce lundi 14 juin, le Centre Hospitalier Bois de l'Abbaye prévoit de nouveaux assouplissements. Les visites, qu'importe la durée du séjour, sont à nouveau permises. "Dès lundi, une visite par jour sera possible pour tout le monde. Chaque patient pourra recevoir un visiteur pendant 30 minutes. Il peut être différent tous les jours", nous éclaire le porte-parole. À chaque fois, un seul visiteur pourra se trouver dans chaque chambre. Un système de réservation sera mis en place pour rendre visite à des patients qui se trouvent en chambre commune. Le masque restera obligatoire durant toute la durée de la visite. À partir de lundi, le médecin référent ne donnera donc plus d'accord de visite. "Le visiteur sera accepté d'office", précise Nicolas Petterle.

Nicolas Petterle est conscient que les restrictions liées à la situation sanitaire sont difficiles à vivre. "En cette période difficile, on a toujours essayé d'être le plus humain possible, tout en garantissant la protection des patients. Ce n'est pas de gaieté de cœur que l'on refuse de visites mais on le fait parce que c'est nécessaire. C'est très compliqué à organiser car il y a toujours le risque de créer des clusters (foyers de contamination ndlr) dans l'hôpital", nous confie le porte-parole.