Saturée au possible avant la crise du coronavirus en mars 2020, l'autoroute A31 a ensuite connu le vide puis le retour en masse des automobilistes. Le trafic est-il revenu à son niveau d'avant-crise?

"Ah franchement, il y a autant de bouchons qu'avant sur la route !" Si vous avez entendu cette phrase de la part d'un collègue ou d'un proche habitué de l'A31, vous n'êtes pas le/la seul(e).

Sur le principal axe autoroutier entre la France et le Luxembourg, les ralentissements et autres bouchons ont fait leur retour. Un retour qui contraste avec le calme plat qui régnait il y a un an, quand le télétravail et le confinement avaient transformé l'A31 en autoroute du vide. "La circulation avait baissé de 60% environ, moitié moins pour les poids lourds et 75% pour les véhicules légers" nous explique Christophe Tejedo, adjoint au chef de la division d'exploitation de Metz à la DIR Est. Si le déconfinement de mai 2020 a marqué le premier vrai pic de circulation après deux mois de calme, il nous apprend que le trafic poids lourd avait retrouvé son niveau d'avant-crise... dès juin 2020.

Des effets d'annonce se sont d'ailleurs fait ressentir sur la fréquentation de l'autoroute. Le déconfinement français de mai 2020 a relancé la circulation, tandis que l'annonce du deuxième confinement, fin octobre, a fait bondir le trafic "à 120%" de la normale. Un saut sans doute dû aux résidents frontaliers venus effectuer quelques achats importants avant de ne plus pouvoir se déplacer aussi librement qu'avant.

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Lors du premier confinement au printemps 2020, l'autoroute était quasiment déserte. Même ici, à la frontière franco-luxembourgeoise. / © Domingos Oliveira

DEPUIS LE CONFINEMENT, ÇA ROULE MIEUX SUR L'A31

Un an après, la vie a plus ou moins repris son cours. Tout comme la circulation sur l'autoroute. Les ralentissements sont à nouveau le pain quotidien des automobilistes qui circulent entre la France et le Luxembourg. Mais à hauteur de la frontière, les mesures de la DIR Est ne mentent pas: sur une journée, le trafic est aujourd'hui moins important qu'avant la crise. Autour de 80 et 95% du trafic mesuré l'année précédente, d'après les chiffres fournis par la DIR Est. Alors que l'A31 connaissait jusqu'ici une croissance de son trafic chaque année, voilà qu'il a reculé. "L'usager lambda ne verra pas la différence, mais les bouchons et ralentissements qu'il rencontre sont moins forts qu'avant" confirme Christophe Tejedo.

L'explication est cependant toute trouvée: entre le télétravail et la non-réouverture de certaines activités économiques (comme l'horeca par exemple, où les frontaliers sont très représentés), les besoins de déplacements ont baissé. L'autoroute a récupéré un peu de fluidité.

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Entre 2019 et 2021, la vitesse moyenne des véhicules a beaucoup augmenté en heures de pointe sur l'A31. / © AFP

LE PARADOXE DE L'HEURE DE POINTE

Moins de véhicules circulent chaque jour sur l'A31 à la frontière, et pourtant, l'heure de pointe en voit passer davantage. Paradoxal? Oui et non ! Comme nous l'explique Christophe Tejedo, le trafic a augmenté d'environ 20% en heures de pointe du matin en 2021 (par rapport à 2019). Pourtant, le trafic est globalement meilleur.

Si l'explication peut paraître contre-intuitive, elle n'en est pas moins vraie: il y a moins de véhicules sur l'A31, celle-ci est donc plus fluide. Et une autoroute plus fluide permet d'écouler davantage de trafic. D'où cette hausse du trafic en heures de pointe, sans que les bouchons soient aussi importants qu'auparavant. Preuve qu'il est étonnamment possible de faire plus avec moins.

D'après les données mesurées grâce aux capteurs de la DIR Est, Mr Tejedo constate que la vitesse moyenne à Zoufftgen, pendant l'heure de pointe du matin en direction du Luxembourg, est bien remontée à 55 km/h en 2021, contre 30 km/h en 2019. Idem dans le sens Luxembourg-France, avec une vitesse moyenne d'environ 100 km/h en pointe le soir, contre moins de 75 km/h en 2019.

Pour autant, le problème de l'A31 n'est pas résolu: l'autoroute reste saturée entre Thionville et Luxembourg. Elle accueille donc toujours plus de véhicules que son dimensionnement ne lui permet. "On a bien récupéré un peu de marge" explique l'adjoint de la DIR Est, "mais les activités vont bien finir par reprendre un jour..."