Trois gros chantiers se dérouleront à Cattenom cette année. L'énorme visite décennale en cours doit prolonger la vie du réacteur n°3 jusqu'en 2031. Suivra le n° 4. EDF voit déjà vivre ses réacteurs bien au-delà de 2040.

Depuis quelques jours, seuls deux panaches de fumée s'élèvent des quatre tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Cattenom. Depuis ce week-end, l'unité 1 est à l'arrêt momentanément pour "simple rechargement". Un tiers du combustible est remplacé et EDF en profite pour contrôler le couvercle de la cuve, pièce-maîtresse du réacteur. La même opération est déjà prévue pour l'unité 2 en septembre.

Et depuis le 13 février, l'unité 3 est complètement à l'arrêt. Elle est au centre de toutes les attentions puisqu'elle subit durant six mois une visite décennale. "C'est un moment particulier pour la vie d'une centrale qui concentrera 18.000 activités préparées durant dix-huit mois pour un investissement de 200 millions d'euros", explique Yannick Simonet, responsable de ces gigantesques travaux de maintenance.

Ces travaux s'incrivent dans le cadre du grand carénage d'EDF qui investit plus de 49 milliards d'euros en dix ans pour améliorer l'ensemble des ses réacteurs et prolonger leur durée de vie de dix années supplémentaires.

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Dans la salle des machines de l'unité 3, le chantier de l'alternateur mobilise une trentaine de personnes sur deux postes et la turbine une soixantaine. / © Maurice FICK / RTL

Autant dire que ça turbine à l'intérieur de la centrale de Cattenom, transformée en véritable ruche pour les cinq mois à venir. Pas moins de 3.000 intervenants se rendront sur le site. En ce moment 2.500 techniciens, ouvriers et ingénieurs s'y côtoient pour la phase de maintenance la plus importante.

L'inspection de la cuve durant dix jours s'est déjà achevée positivement aux yeux des services internes. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) aura le dernier mot. Vont suivre deux étapes-clefs: la mise sous pression du circuit primaire pour contrôler qu'il n'y a aucune fuite du fluide radioactif et le test d'étanchéité du "dôme", le bâtiment en béton "double peau" qui abrite le réacteur.

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Jérôme Le Saint, directeur de la centrale de Cattenom: "L'ASN a donné une autorisation générique aux réacteurs de 900 mégawatts pour aller jusqu'à 50 ans". / © Maurice FICK / RTL

A l'horizon 2035, la France devrait avoir mis défnitivement à l'arrêt 12 réacteurs et son parc en comptera toujours 45 en service dont le fameux EPR de Flamanville, toujours en construction.

Contrairement à l'idée reçue, les centrales françaises "ne sont pas dimensionnées pour une durée de vie particulière. Elles sont prévues pour fonctionner dix années. Et au bout de dix ans on réévalue le niveau de sûreté pour nous assurer qu'elle peuvent fonctionner dix années supplémentaires", explique Jérôme Le Saint, directeur de la centrale de Cattenom.

Concrètement, cette visite décennale achevée et le feu vert de l'ASN obtenu, l'Unité n°3 pourra focntionner jusqu'à ses 40 ans. "Ensuite nous réinstruirons la possibilité de fonctionner au-delà de 40 ans pour aller jusqu'à 50 ans. Ce cera le cas dans le cadre de la 4e visite décennale". Celle de l'Unité 1 est déjà prévue en 2026. Si l'opération se renouvelle, le réacteur n°4 pourrait produire de l'électricité jusqu'en 2043.

Pas de certitude à ce stade mais fait est "l'ASN a donné une autorisation générique aux réacteurs de 900 mégawatts pour aller jusqu'à 50 ans", assure Jérôme Le Saint. Les réacteurs de Cattenom produisent 1.300 mégawatts mais "c'est à peu près la même technologie", assure le patron de la centrale mosellane.