C'est déjà compliqué mais d'ici 2050, circuler sur l'A31, notamment vers le Luxembourg, va devenir quasiment mission impossible.

Les frontaliers lorrains ne le savent que trop bien: ces dernières années, circuler sur l'A31 vers ou depuis le Luxembourg, c'est l'enfer. Ils sont entre 180.000 et 200.000 à passer la frontière chaque jour... et ce n'est pas fini, si l'on en croit les experts qui se sont exprimés lors du dernier Grenelle des mobilités et dont les conclusions ont été rapportées par Le Républicain Lorrain.

D'ici 2030, le trafic devrait encore augmenter de 44%, et atteindre 75% en 2050, prévoit la Dreal (la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement).

Si les infrastructures n'évoluent pas d'ici 2030, "les réserves de capacité sur l’A31 seront nulles ou dépassées sur de nombreux tronçons", prévoient les agences d’urbanisme lorraines Agape, Aguram et Scalen. "Les évolutions prévisibles de trafic à cet horizon, et plus encore à l’horizon 2050, présagent d’une forte dégradation des conditions de circulation. Le moindre événement entraînera des perturbations sur l’intégralité de l’axe."

DES BOUCHONS AU MOINDRE ACCROCHAGE

Cela est déjà le cas sur un axe où le moindre accrochage, notamment en soirée en direction de la Lorraine, entraîne des bouchons remontant la plupart du temps jusqu'au Luxembourg, sur l'A3. Le matin, dans le sens Thionville - Luxembourg, l'A31 est déjà fortement encombrée dès 5h30... En heure de pointe, rejoindre la capitale luxembourgeoise, ou la quitter le soir, peut déjà prendre jusqu'à deux heures. Difficile d'imaginer pire situation et pourtant, avec un trafic qui exploserait de 75% en 2050, l'A31 deviendrait un véritable enfer pour des automobilistes déjà excédés.

Des projets d'aménagement d'infrastructures existent, notamment l'A31bis, vieux serpent de mer dont le tracé n'est toujours pas clairement déterminé. Ces dernières années, le maire de Thionville Pierre Cuny défend l'idée d'un RER entre Nancy et Luxembourg: il nous l'avait confié fin 2019, mais le projet ne s'annonce pas facile à mettre en place.

Ces deux projets ne suffiront de toute façon pas à régler le problème de l'A31 avant au moins une dizaine d'années. L'axe Nancy-Luxembourg est l’un des axes les plus fréquentés en France: au nord de Metz, les pointes quotidiennes s’élèvent régulièrement à 108 000 véhicules.