Les manifestants déplorent "un réel déni démocratique" et ont rejoint une autre manifestation qui avait lieu samedi matin dans les rues de Metz.

Après le rassemblement de personnes anti-Amazon et de parents souhaitant poursuivre l'enseignement à distance de leurs enfants, plus de 500 personnes ont rejoint le cortège de samedi matin. Dans la journée, les opposants au projet de loi "sécurité globale" se sont mélangés aux gilets jaunes qui étaient également de la partie.

Le cortège a débuté place de la République avant de se rendre vers la gare sous escorte policière. Les forces de l'ordre ont souligné que les manifestants n'avaient pas le droit de se rendre dans les secteurs piétonniers de la capitale de la Lorraine.

Alors que la fin de la manifestation est prévue pour 17h30, certains manifestants se sont dispersés après leur arrivée sur le parvis de la gare. Plusieurs prises de parole ont été faites sur la place De-Gaulle.

Les forces de l'ordre soulignent un bon respect global des mesures imposées ainsi qu'une bonne tenue de la manifestation, organisée par la CNT. Un groupement d'environ 400 personnes a également pris la direction du centre-ville après 16h30.

MOBILISATION DANS TOUTE LA FRANCE

Paris, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Marseille, Grenoble, Clermont-Ferrand, Caen... De multiples rassemblements sont prévus contre le texte de la loi "sécurité globale" dénoncé comme attentatoire à la liberté d'expression et à l'Etat de droit. Dans certaines villes, les manifestations ont commencé dès samedi matin. Ainsi à Lille (nord), entre 1.000 et 1.500 personnes, avec à leur tête la maire Martine Aubry, se sont rassemblées sous le slogan "Liberté, égalité, filmez !". "On se fait frapper pendant les scènes coupées !", "Floutage de gueule", disaient notamment les pancartes brandies au milieu de drapeaux et badges du Club de la presse, de différents syndicats, notamment de journalistes, ou encore de la Ligue des droits de l'homme. À Montpellier (sud), ils étaient 4 à 5.000, brandissant des pancartes clamant "Plus de flics que de médecins - sens des priorités" ou "Démocratie floutée".

LA LOI "SECURITE GLOBALE"

À Rennes (ouest), Maud, 45 ans, était là pour protester contre ce "réel déni démocratique" et la "dérive autoritaire". Au coeur de la contestation qui a débordé jusqu'à entraîner une crise politique, figurent trois articles de la proposition de loi "Sécurité globale", qui a déjà reçu un feu vert de l'Assemblée nationale la semaine dernière, encadrant la diffusion de l'image de policiers, l'usage de drones et des caméras-piétons des forces de l'ordre.

"Cette proposition de loi vise à porter atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d'informer et d'être informé, à la liberté d'expression, en somme aux libertés publiques fondamentales de notre République", juge la coordination appelant aux rassemblements. L'article 24, qui a focalisé les attentions, réprime d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la diffusion "malveillante" d'images de policiers et gendarmes.

VIOLENCES POLICIERES

Le gouvernement avance que cette disposition vise à protéger les policiers victimes d'appels à la haine et au meurtre sur les réseaux sociaux. Mais ses détracteurs font valoir que bon nombre de violences policières seraient restées impunies si elles n'avaient pas été capturées par les caméras de journalistes et les smartphones de citoyens. Ils pointent aussi une disposition inutile, l'arsenal juridique actuel étant suffisant pour réprimer de tels délits.

Deux affaires de violences policières cette semaine, révélées par des vidéos, ont transformé une passe difficile pour le gouvernement en véritable crise. Lundi, lors d'une opération médiatique d'organisations pro-migrants, la police a évacué brutalement ceux qui s'étaient installés sur une place du centre de Paris, malmenant également des journalistes sous l'oeil des caméras et des smartphones. Mais le paroxysme a été atteint jeudi après la publication d'images de vidéosurveillance montrant le passage à tabac d'un homme noir, producteur de musique, par trois policiers.