"On a du monde, on vend", les commerçants peuvent à nouveau respirer après l'allègement de certaines mesures en France.

"Bonne reprise et bon mois de décembre!": le temps d'une courte matinée samedi, le Premier ministre Jean Castex, accompagné du ministre de l'Economie Bruno le Maire, a sillonné le centre-ville de Reims à la rencontre de commerçants, soulagés de rouvrir après le deuxième confinement.

"Le bouquet, c'est pour le Premier ministre ?", demande gaiement Bruno Le Maire à la fleuriste qui vient juste d'y mettre la dernière main. "On a du monde, les clients sont là, on vend", lui répond la patronne. Le ton est ainsi donné à cette déambulation, où plaintes et doléances semblaient comme laissées de côté.

L'heure est plutôt à la pédagogie: "si nous n'avions pas pris des décisions difficiles, les chiffres auraient été pires et Noël aurait été très compliqué", explique Jean Castex à un couple de bijoutiers, qui assurent, eux, "avoir tout mis en oeuvre pour cette réouverture".

Quelques mètres plus loin, les deux membres du gouvernement se laissent aller au jeu des selfies avec les clients déjà nombreux d'un magasin de jouets.

"Formidable!", lance le ministre de l'Economie en regardant un garçonnet réussir en quelques secondes un rubik's cube.

"CONTINUER NOTRE EFFORT"

"Et n'oubliez pas de dire à vos clients de bien respecter les gestes barrières !", rappelle le Premier ministre avant de sortir, un message qu'il n'a cessé de répéter dans les commerces de la Cité des Sacres.

"Nous avons de meilleurs résultats sanitaires. Il faut continuer notre effort", poursuit-il auprès d'une marchande de maroquinerie qui espère ne plus vivre un troisième reconfinement.

Une heure plus tôt, dans une réunion privée organisée au premier étage d'un bar-restaurant, l'annonce par Bruno Le Maire d'un doublement  de 100.000 à 200.000 euros du plafond d'indemnisation pour les restaurateurs, les hôteliers ou les salles de sport avait rendu le sourire à bien des participants.

"On attend rien, ou presque rien", affirmait encore Vincent Mansencal, le président des commerçants de Reims et propriétaire du café-restaurant avant l'arrivée de Jean Castex et Bruno Le Maire. Il déplorait aussi "500.000 véhicules en moins à Reims depuis le deuxième confinement, soit 1 million de consommateurs en moins".

L'accent était évidemment tout autre à la sortie de cette réunion.

"Cette annonce faite à Reims est une excellente nouvelle. Je me dis que Jean Castex et Bruno Le Maire sont vraiment avec nous. Il y a eu une vraie écoute", confiait-il ainsi à l'AFP.

Hormis l'interpellation d'un salarié rémois à l'adresse de Jean Castex ou la violente crise de nerfs d'une passante devant le cortège ministériel, vite écartée par les forces de l'ordre, le ton était à la bonhomie et aux sourires partagées. En témoignent ces nombreux commerçants derrière leurs vitrines à faire des signes de la main aux deux ministres, qui leur répondaient sur le même registre.