Nouveau coup d'accélérateur dans la course aux vaccins avec cette double annonce ce lundi: après Pfizer, la firme américaine, Moderna fait savoir au monde que son vaccin est efficace à 94,5%. Comment expliquer une telle rapidité dans la recherche?

Nouveau coup d'accélérateur dans la course aux vaccins avec cette double annonce ce lundi: après Pfizer, la firme américaine, Moderna fait savoir au monde que son vaccin est efficace à 94,5%. Nos autorités ont également leur stratégie: vacciner gratuitement et sur base volontaire 70% de la population.

Comment expliquer une telle rapidité dans la recherche? 

Ceci s'explique grâce au financement. Développer et élaborer un nouveau vaccin, cela coûte cher aux entreprises pharmaceutiques. Mais dans ce cas-ci, l'argent n'est pas un frein comme l'explique Jean-François Saluzzo, virologue et expert auprès de l'Organisation Mondiale de la Santé. "Les laboratoires pharmaceutiques ont reçu d'importantes subventions des Etats, ce qui leur a évité le risque financier. Une phase 3 coûte entre 300 à 500 millions. Dans le cas présent, le risque financier n'existant pas, les laboratoires ont pu franchir toutes les étapes pour arriver à la phase 3 de façon extrêmement rapide", indique-t-il.

Ces vaccins élaborés dans un temps record, sont-ils fiables?

"Oui" selon Jean-François Saluzzo. "L'étude de phase 3 est parfaitement réalisée, on ne peut pas dire qu'il y a une accélération quelconque", explique-t-il. Le vaccin développé par Moderna a été testé sur 30.000 personnes et il est considéré comme "efficace" à 94.5%.

La recherche va vite mais la procédure n'est pas terminée. Est-elle stricte jusqu'au bout? 

À l'heure actuelle, 11 vaccins sont en phase 3. Ces derniers doivent encore franchir plusieurs étapes avant d'être distribués. Les essais sont toujours en cours. Une fois que ces essais seront terminés, les vaccins devront recevoir le feu vert des autorités sanitaires.

Ce n'est qu'après toutes ces autorisations que les pays pourront enfin recevoir ses premiers lots de vaccins.

A-t-on une date de mise sur le marché?

Les plus optimistes parlent de début 2021. C'est d'ailleurs ce que Charles Michel, président du conseil européen, avait annoncé. C'est également l'agenda avancé par plusieurs laboratoires. Pour être plus raisonnable, il faudra sans doute attendre le printemps, voire l'été prochain.