Voici les résultats d'une étude interpellante menée par des scientifiques de l'UCLouvain. Après avoir testé 750 véhicules diesel, ces derniers ont constaté que 15% d'entre eux dépassaient les normes de pollution acceptées. La faute ne reviendrait pas aux constructeurs mais plutôt aux conducteurs et leur mauvaise utilisation de leur véhicule.

Grâce à une sonde spécifique, il est possible de mesurer les particules émises dans l'air par une voiture. "Dans l'air ambiant, il y a environ 4.000 à 5.000 particules par cm3. Si j'introduis la sonde dans un pot d'échappement d'un véhicule diesel euro 5 équipé d'un filtre, on va voir que la mesure diminue pour atteindre 100 voire 200 particules par cm3", affirme Francesco Contino, professeur à l'UCLouvain.

Par contre, si l'on approche la sonde près d'un véhicule diesel qui dispose d'un filtre à particules endommagées ou qui n'en possède pas, le résultat est tout autre. "En quelques instants, on atteint plusieurs millions de particules par cm3", explique le professeur.

Selon l'étude réalisée, 15% des véhicules diesel émettent trop de particules. Et les fautifs ne seraient pas les constructeurs mais les conducteurs... "Ce qui coince c'est qu'un utilisateur qui va faire essentiellement de la ville ne va pas permettre d'aller à une certaine vitesse et de monter suffisamment en températures. Et donc il ne va pas permettre à son véhicule de désencrasser son filtre", éclaire Francesco Contino.

Les contrôles techniques sont démunis

Ce constat se vérifie à la pompe. Tous les automobilistes n'ont pas forcément fait le choix d'une voiture diesel en fonction de leur kilométrage. "Mes parents n'ont jamais roulé avec un véhicule essence comme beaucoup de gens autour de moi. J'ai donc fait comme tout le monde", nous indique un conducteur. "Elle a déjà 8 ou 9 ans. À cette époque-là, le diesel était moins cher que l'essence. Et on roulait quand même beaucoup", poursuit une autre.

Pour Francesco Contino, il est important que les centres de contrôle technique soient mieux équipés pour tester les véhicules. "Les contrôles techniques sont démunis car ils ne savent pas voir les particules car elles sont trop petites", déplore-t-il.

Lorsqu'il y a un dysfonctionnement, la moyenne des particules émises est 5 fois supérieure à celle annoncée par les constructeurs automobiles.