Depuis 2013, les agriculteurs péruviens ont vu arriver sur leur marché la pomme de terre belge, et en particulier la frite surgelée "à un prix inférieur aux pommes de terre produites sur place".

Le Pérou est le berceau de la pomme de terre. Dans ce pays, on la cultive depuis 7.000 ans. On raconte même qu'il y'a autant de variétés que de jours dans l'année. Mais gare: la frite belge débarque en force! Soutenus par l'ONG SOS Faim, les producteurs péruviens dénoncent une concurrence déloyale.

La Belgique est le plus gros pays exportateur de pommes de terre dans le monde. 85% de la production est transformée en frites. Depuis la signature de l'accord de libre-échange avec les pays du sud , 26.000 tonnes de pommes de terre ont été exportées vers le Pérou par la Belgique et les Pays-Bas. Au-delà des prix concurrentiels, l'ONG dénonce les dégâts sur l'environnement.

"Cette pomme de terre est lavée, nettoyée, coupée, surgelée et mise en sachet plastique en Belgique avant d'être exportée. Elle voyage à travers le monde et se retrouve vendue à un prix qui est moins cher que le produit local", s'offusque Olivier Hauglustaine, secrétaire général de SOS Faim.

La Belgique importe... des pommes de terre

La baisse des prix pénalise également les producteurs belges qui s'opposent à la libéralisation des échanges commerciaux. "On veut respecter une agriculture vivrière dans chacun des continents. Que les Péruviens fassent leurs pommes de terre et que, nous, fassions de la pomme de terre pour notre consommation et tout ira pour le meilleur des mondes pour l'alimentation", indique Yves Vandevoorde, coordinateur syndicat agricole (FUGEA).

La Belgique exporte ses pommes de terre mais elle en importe également. Le comble pour un pays qui en produit beaucoup plus qu'il n'en consomme. "Nous, qui produisons 7 fois plus que nos besoins de consommation, continuons à importer des patates d'Israël, d'Egypte ou du sud de l'Europe parce qu'on est ultra spécialisés dans certaines variétés et que le consommateur préfère parfois des patates jeunes, que l'on n'est pas capable de produire ici", souligne Manuel Eggen, chercheur pour l’organisation internationale pour le droit à l’alimentation (FIAN).

Favoriser la consommation locale et sortir les produits de l'agriculture de l'accord de libre-échange: voici ce que réclament certaines organisations non-gouvernementales.