Plusieurs étudiants de Metz témoignent de leur attrait pour le Luxembourg, alors qu'ils sont sur le point d'entrer sur le marché du travail.

Il y a trois mois, RTL 5minutes rencontrait les étudiants d'un nouveau diplôme créé spécialement pour aider les étudiants lorrains à décrocher un emploi dans le domaine de la fiscalité au Luxembourg.

Sur les 24 étudiants en formation cette année, plus de la moitié devaient se diriger vers le Grand-Duché pour y accomplir un stage de fin d'études. Si la crise sanitaire sera venue perturber une partie de leurs plans (deux ont vu leur stage annulé, d'autres ont démarré en télétravail ou ont dû raccourcir la période en entreprise), leur objectif est resté clair: y signer un premier contrat de travail.

Qu'ils viennent de Metz, de Dijon, de Toulouse ou de Lille, tous ont rapidement identifié le Grand-Duché comme le milieu idéal pour démarrer leur vie professionnelle dans un domaine aussi pointu que celui de la fiscalité. Comme Thibaut, qui dit vouloir "passer le barreau au Luxembourg". Ou comme Rafael, originaire de Toulouse et venu poursuivre ses études à Metz pour "faire son stage et décrocher un emploi au Luxembourg". C'est même "une évidence" pour Alicia.

Pour y parvenir, ils ont choisi d'en passer par un parcours exigeant. En l'occurrence, un double cursus de niveau bac+5, avec un master de droit fiscal et un diplôme universitaire orienté spécifiquement vers la législation luxembourgeoise. Et la récompense semble à portée de bras: la majorité d'entre eux a trouvé un stage rémunéré, avec une potentielle embauche à la clé.

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LUXEMBOURG, INTERNATIONALE MAIS "À TAILLE HUMAINE"

De l'avis général, le Grand-Duché regroupe "toutes les activités" pour lesquels ils se forment et permet d'y "travailler en anglais" et de construire "une carrière internationale""Ce côté international est très attirant. C'est drôle de se dire qu'on peut, au Luxembourg, croiser un Français et une Italienne qui travaillent en anglais" sourit Alexandre. Le salaire, qui reste une levier important, passe presque au second plan lorsqu'ils évoquent leur carrière naissante dans un environnement aussi stimulant que cosmopolite. "Il y a des opportunités d'évolution là-bas" se réjouissent-ils.

La perspective d'entrer dans une grand groupe, avec des bureaux dans le monde entier, séduit. Contrairement à d'autres capitales européennes, elles aussi pourvoyeuses d'emploi dans ce domaine, Luxembourg-ville semble surtout tirer parti de sa situation géographique. "Je suis attiré par la fiscalité internationale mais je ne me voyais pas vivre et travailler à Paris" témoigne Souleiman, venu de Grenoble. En tant que capitale "à taille humaine" et que "ville verte", Luxembourg allie à la fois un cadre de vie agréable et une "compétitivité" à toute épreuve. Un petit paradis tout proche en somme.

Et justement, puisque tous baignent dans le domaine de la fiscalité, que pensent nos étudiants de l'image de paradis fiscal qui colle au Luxembourg? "C'est une image qui disparaît petit à petit" estime Nadège. "Avec les réglementations européennes, on ne peut pas dire que le Luxembourg est un paradis fiscal." Tous dénoncent une vision altérée du Grand-Duché en-dehors des frontières. Les "rulings" de Luxleaks ne sont pas oubliés. "On n'est pas au même niveau que de vrais paradis fiscaux, même si l'environnement fiscal y est favorable." Et tous louent les choix faits par les précédents gouvernements pour transformer le Luxembourg, petit Etat sidérurgique au XXe siècle, en une puissante place financière.

La place financière, ici symbolisée par le Kirchberg, sera pour beaucoup le point de départ d'une carrière dans le domaine de la fiscalité. / © Fotolia

UNE RELATION FORTE AVEC LES FRONTALIERS

En parallèle de cette puissance économique, la proximité avec leurs racines a également permis d'attirer ces jeunes talents. Plus de 100.000 frontaliers français sont aujourd'hui embauchés au Grand-Duché, créant de solides liens frontaliers avec de nombreuses familles.

"Toute ma famille a travaillé au Luxembourg. C'est un peu le Luxembourg qui m'a nourri. Je ne me voyais pas travailler ailleurs" confie Mathieu. Jonathan, originaire de la région, ne dit pas mieux: "J'ai travaillé chaque été au Luxembourg ces dernières années, pour des jobs étudiants. C'est ce qui m'a donné envie d'y travailler durablement."

Cette dimension à "taille humaine" se retrouve aussi dans leurs premiers contacts avec le monde du travail. "Au Luxembourg, ils ne regardent pas de l'université d'où on vient. Ils vont regarder nos compétences, même si l'expérience n'est pas encore là. Ce n'est pas le même retour en France" assure Arthur. Ceux dont les proches ont travaillé ou travaillent déjà au Grand-Duché savent de quoi ils parlent. Et beaucoup ont déjà identifié les problèmes qui allaient avec: coût de la vie, transports, perte de temps libre.

Si certains ont choisi d'adopter la vie d'un frontalier durant leur stage et de "tester" le Luxembourg, d'autres sont bien décidés à y débuter leur carrière et à vivre. Ils sont plusieurs à avoir trouvé des locations sur place pour se rapprocher de leur lieu de stage. Quitte à y laisser une partie de leur rémunération de stagiaire et plus tard d'employé. "C'est le luxe, c'est du confort qu'on s'offre" reconnaît l'un d'eux. "On peut évidemment s'y plaire" ajoute Alexandre.

Finalement, l'ensemble du groupe d'étudiants partage une vision très rationnelle de la vie au Luxembourg, symbole de "plus-value professionnelle" pour lequel ils devront faire preuve d'"ambition" et de détermination. Ils anticipent déjà la suite de l'aventure. "Avec une embauche dans un Big Four, il y a aussi la possibilité un jour d'aller travailler pour la même entreprise mais dans un autre pays." Aussi petit soit-il, le Luxembourg représente bien une porte ouverte sur le monde. Il ne reste qu'à la franchir.