À Metz, une vingtaine d'étudiants en droit fiscal suivent depuis cette année une formation pensée et conçue pour leur ouvrir les portes du marché du travail luxembourgeois.

À Metz, l'université de Lorraine fait les yeux doux au Grand-Duché. Depuis septembre, une vingtaine d'étudiants a entamé une nouvelle formation en droit fiscal dont le but est clair: leur ouvrir les portes du marché du travail luxembourgeois.

En mars dernier, à quelques jours du début du confinement, RTL 5minutes avait rencontré Jérôme Charpentier, maître de conférence depuis 2017. Il est le créateur du diplôme universitaire "fiscalité transfrontalière", une formation accessible avec un niveau d'étude bac+4, organisée en double cursus avec deux masters également dispensés à Metz. C'est lui qui a orienté la formation vers le Luxembourg.

"Avant la création du diplôme, j'ai fait le constat que mes étudiants de droit fiscal trouvaient des stages et emplois principalement au Luxembourg." La proportion d'embauches frôlait les 75% au Grand-Duché, où la place financière attire de nombreux nouveaux diplômés. Plus qu'il n'en faut pour initier la création du diplôme.

La nouvelle formation, ouverte en septembre 2019, a donc été axée autour des compétences recherchées par les entreprises au Luxembourg. Avec l'objectif clair d'avoir un diplôme "ultra-professionnalisant" qui agirait comme un "facilitateur d'emploi" au Grand-Duché. Et visiblement, ça marche: de nombreux employeurs (notamment de grandes entreprises luxembourgeoises) se sont déjà manifestées pour contacter les étudiants.

"LE LUXEMBOURG EST UN PETIT VILLAGE, TOUT SE SAIT"

Juriste en droit fiscal ou en droit des affaires, conseiller en patrimoine, fonctionnaire d'une administration financière... Ces futurs jeunes diplômés visent des postes à forte valeur ajoutée, souvent très rémunérateur mais aussi très chronophage. Et qui dit compétences élevées, dit travail acharné pour les acquérir.

Le diplôme s'acquiert principalement via un double cursus, en combinaison avec un master de droit fiscal ou un master de droit des affaires transfrontières. Un cocktail détonnant qui ajoute plusieurs heures de cours hebdomadaires aux étudiants, parfois en anglais, dans des spécialités particulièrement relevées comme le droit fiscal des entreprises ou des personnes... Il est également ouvert aux travailleurs souhaitant une formation complémentaire, via une formation continue.

Cliquez sur l'image pour accéder au programme du diplôme universitaire.

"La charge de travail est assez lourde car je veux des cours de haut niveau. Les étudiants doivent beaucoup travailler et mériter leur diplôme. Mais ça ne les décourage visiblement pas et ils apprécient beaucoup" glisse Jérôme Charpentier. Il est d'autant plus nécessaire pour eux de travailler dur cette dernière année d'étude car le diplôme repose beaucoup sur l'enseignement dispensé par les professionnels. "Un intervenant m'a dit un jour: "Le Luxembourg est un petit village, tout se sait." Je voulais donc qu'il y ait un maximum de professionnels qui interviennent afin que les étudiants se fassent connaître et qu'ils aient plus de facilités pour l'embauche." Et quand bien même la sélection opérée par les employeurs est dure, la place financière est une créatrice d'emplois qui a besoin de nouvelles compétences.

Durant le printemps, et en dépit de la crise, la plupart des étudiants a pu débuter un stage en entreprise, la majorité au Luxembourg. Un premier accomplissement qui sonne aussi comme le coup d'envoi d'une aventure professionnelle internationale. Depuis, Jérôme Charpentier prépare lui l'arrivée de la deuxième promotion du diplôme. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 20 septembre inclus.

"C'est le Luxembourg qui m'a nourri" - Retrouvez le témoignage des étudiants du diplôme.