Dans le Grand Est, Strasbourg a brillamment contribué dimanche à la vague verte écologiste qui a touché de grandes villes françaises.

Dans le Grand Est, Strasbourg a brillamment contribué dimanche à la vague verte écologiste qui a touché de grandes villes françaises tandis qu'à Nancy, la gauche a mis fin à 73 ans de règne de la droite modérée au soir du second tour des municipales.

Avec 41,71% des suffrages, la candidate écologiste Jeanne Barseghian a balayé ses adversaires dans la capitale alsacienne, au terme d'un scrutin marqué par une abstention à un niveau sans précédent dans la région.

Le LREM Alain Fontanel, dauphin du maire socialiste sortant Roland Ries qui ne se représentait pas, a pointé loin derrière (34,96%), douchant l'un des rares espoirs du parti présidentiel de s'emparer d'une grande ville. Quant à la socialiste et ancienne maire de Strasbourg Catherine Trautmann, elle a confirmé son bon score du premier tour mais sans parvenir, et de loin, à renverser la table (23,33%).

La victoire de Jeanne Barseghian était d'autant moins acquise que même largement en tête du premier tour, elle avait échoué à s'allier avec Catherine Trautmann. A l'inverse, Alain Fontanel et le LR Jean-Philippe Vetter avaient pris tout le monde de court en fusionnant in extremis leurs listes, ce qui semblait leur ouvrir un boulevard.

A Nancy, le socialiste Mathieu Klein a mis fin à plus de 70 ans de règne de la droite modérée, s'emparant de la mairie après avoir fusionné sa liste avec celle de l'écologiste Laurent Watrin.

Déjà devancé le 15 mars, le maire sortant Laurent Hénart (MR) tablait sur sa gestion de la crise du Covid-19 pour remonter la pente, en vain donc.

MOINS DE 200 VOTES D'AVANCE

La maire sortante de Mulhouse, Michèle Lutz (38,60% des suffrages) se succèdera en revanche à elle-même dans cette métropole du Haut-Rhin, symbole de l'épidémie du Covid qui l'a frappée de plein fouet.

L'abstention, qui avait frôlé 74% au premier tour s'est encore accrue au second tour pour dépasser 75%. Mais "la légitimité c'est quand même exprimée", a avancé prudemment la maire sortante dimanche soir. Celle-ci se représentait aux côtés de son premier adjoint Jean Rottner, président du Grand Est, tous deux étant particulièrement actifs et médiatisés pendant la crise du coronavirus.

A Colmar, la préfecture du Haut-Rhin, LR succède à LR avec la victoire du député Eric Straumann, arrivé en tête le 15 mars et élu haut la main avec 63,89% des voix face à l'écologiste Frédéric Hilbert. Son rival de toujours, Gilbert Meyer (LR) avait jeté l'éponge après cinq mandats, renonçant au dernier moment à déposer sa liste pour le second tour.

A Metz, le sénateur LR François Grosdidier a remporté une très courte victoire (45,13%) avec moins de 200 voix d'avance sur l'écologiste Xavier Bouvet (44,24%). Il succèdera au maire sortant PS, Dominique Gros, qui ne se représentait pas.

L'élection avait été pliée dès le premier tour à Troyes où François Baroin, président de l'Association des maires de France, a été réélu dans un fauteuil en raflant deux tiers des suffrages.

Même score pour le maire sortant de Reims, le LR Arnaud Robinet.

L'unique satisfaction du RN dans la région sera d'avoir conservé la seule mairie qu'il y détenait avec Fabien Engelmann (63,14%) réélu le 15 mars à Hayange (16.000 habitants).

En revanche, l'ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot (Les Patriotes) avait tout juste échoué sous la barre des 10% à Forbach