Dimanche après-midi, nos collègues de RTL Belgique ont également découvert que les masques et les filtres n'étaient pas compatibles.

C'est le député belge Michaël Freilich (N-VA) qui a fait cette découverte assez surprenante en analysant la commande de la Défense belge qui est en charge de cette opération.

Les responsables ont bien confirmé que deux sociétés avaient décroché le contrat. La première, Tweeds & Cottons, société basée à Gand et propriétaire de la marque River Woods, devra fournir trois millions de masques. La deuxième, Avrox SA, une société basée au Luxembourg, a reçu une commande de 15 millions d'unités destinées au marché belge.

La fédération belge de la mode (Creamoda) avait déjà émis des doutes et critiqué le choix de l'attribution d'une grande partie du marché à Avrox, un nom inconnu dans le domaine et domicilié à Beggen, près de Luxembourg-Ville.

TRANSPORTS DE VOYAGEURS

"Nous ne comprenons pas que ce contrat soit attribué à une telle entreprise", a déclaré Erik Magnus, directeur de Creamoda, qui représente près de deux cents entreprises de vêtements et de prêt-à-porter en Belgique.

La société n'est pas non plus répertoriée comme faisant partie de l'industrie du textile ou de la production de masque mais serait spécialisée dans les "autres transports routiers de voyageurs" et de l'import/export.

Selon le quotidien belge het Nieuwsblad, une dizaine d'autres entreprises différentes seraient enregistrées à cette même adresse postale qui ressemble plus à une maison qu'à une usine à masques. Une autre adresse est également renseignée près de la place d'Armes.

Le député flamand de la N-VA a également relevé dans ses recherches que la société Avrox SA a été créée il y a trois ans par un millionnaire jordanien domicilié à Malte et deux Français.

Toujours selon le quotidien belge, le vrai producteur des masques est donc actuellement inconnu et il pourrait vraisemblablement s'agir d'un grand fournisseur asiatique. Avrox a passé commande auprès d’une usine de fabrication en Asie. Le ministre de la Défense belge Goffin a fait vérifier son existence.

Les deux sociétés doivent désormais livrer des échantillons avant mardi afin que des tests de conformité soient effectués.

Les commandes seront seulement payées une fois arrivées à destination, à Peutie dans le Brabant flamand, et que la Défense les aura déclarées conformes.

INCOMPATIBILITÉ ENTRE MASQUE ET FILTRE

Ce dimanche après-midi, nos recherches ont permis de découvrir que les masques et filtres commandés n'étaient pas compatibles. Lorsqu'il a été responsable des achats, le ministre Koen Geens a passé une commande de 22 millions de filtres.

C'est maintenant le ministre Goffin qui est en charge, et il a quant à lui passé commande pour 18 millions de masques. Sauf que ces masques ne pourront pas accueillir les 22 millions de filtres commandés par le ministre Geens. Les masques en question disposent déjà d'un filtre et ne permettent pas son remplacement. Bien sûr, les filtres ne seront pas jetés pour autant. Ils pourront être distribués et utilisés dans d'autres systèmes de protection. Mais il est surprenant que le cahier des charges de la commande de masques n'ait pas mentionné le besoin de comptabilité avec les filtres déjà commandés.