En France, le personnel de santé pourrait être réquisitionné. Xavier Bettel a déclaré qu'il avait des garanties, mais il faudra suivre avec attention l'évolution politique.

Le Parlement français va voter vendredi l'"état d’urgence sanitaire". Cette disposition permettrait au Premier ministre de réquisitionner les médecins et le personnel soignant français. Au Luxembourg, une grande partie du personnel médical est composée de frontaliers français. Xavier Bettel a déclaré mercredi que côté français, on était conscient que le Luxembourg pourrait s'effondrer en cas de réquisition. En ce moment, c'est "chacun pour soi", mais le Premier ministre aurait des garanties que la Lorraine ne laissera pas son voisin luxembourgeois s'étouffer.

Dans un rapport du gouvernement sorti en octobre, auquel faisait référence le Quotidien jeudi matin, il est écrit: "Dans les professions de santé, la production nationale n'est pas suffisante pour répondre aux besoins". Il figure aussi dans ce rapport que: "le recours au recrutement frontalier est encore possible mais toute initiative en France, Belgique ou en Allemagne qui viserait à rehausser les salaires des professions de santé engendrerait immédiatement une grave crise du système sanitaire luxembourgeois et de l’action sociale." Une réquisition du personnel de santé en France aurait des répercussions bien plus graves sur le système luxembourgeois qu'une hausse des salaires.

Interrogée mercredi pour savoir si le Luxembourg se prépare au pire, la ministre de la Santé, Paulette Lenert, a répondu qu'au niveau diplomatique, tous les moyens sont mis en oeuvre pour obtenir des garanties. Par ailleurs, le Luxembourg a aussi proposé aux frontaliers qui travaillent dans les hôpitaux, de venir s'installer avec leur famille au Grand-Duché pendant la crise. Des chambres d'hôtels et des logements vides sont mis à leur disposition. 110 frontaliers ont accepté cette offre, d'après la ministre.