Un lieu tenu secret à Metz permet à des couples légitimes ou non de se livrer à des petits jeux érotiques et BDSM. Et depuis plus d'un an, ça cartonne.

On ne révélera pas l'adresse: elle est tenue secrète jusqu'au dernier moment. Depuis un peu plus d'un an, une Love-Room se cache au sein de la ville Metz. Le concept: permettre à des personnes de sauter le pas des petits jeux BDSM (pour "bondage, discipline, sado-masochisme") le temps d'une soirée, même s'il est tout à fait envisageable de passer un moment plus "soft" à l'étage. À l'heure où "les rencontres se font de plus en plus rapidement avec internet""le succès a tout de suite été au rendez-vous" témoigne le propriétaire des lieux, qui souhaite rester aussi secret que sa Love-Room.

PROCHE DES PLACES TRÈS FRÉQUENTÉES

"C'est un concept que l'on n'avait pas en France et qui commence à se développer" explique t-il, lui qui a rénové lui-même cet appartement qui s'étend sur trois niveaux. Et ce ne sont pas forcément les romans adaptés en films "50 nuances..." qui l'ont inspiré. Au Japon, où l'on ne montre pas ses sentiments en public, les Love Hôtels sont bien plus répandus que dans nos contrées. Pour se démarquer les uns des autres, certains suivent même différents thèmes, du médical (un cabinet de docteur) au plus loufoque (inspiré d'un manga), en passant par celui du sadomasochiste.

À Metz, si l'endroit passe inaperçu depuis l'extérieur, c'est moins pour cacher ce qu'il abrite au -1 que pour garantir l'anonymat des couples. "On est très à cheval sur l'intimité de nos clients. Ici, on n'est pas gêné par le bruit des restaurants et des bars même si on est à 150 mètres de places très fréquentées" répond le propriétaire, que l'on a rencontré sur place. "Je voulais faire en sorte que les couples ne stressent pas à l'idée de croiser des gens qu'ils connaissent". D'ailleurs, les couples ne voient jamais le propriétaire. La réservation se fait en ligne, où il  faut remplir un compte membre et procéder au paiement sécurisé. Le lieu est réservé aux personnes majeures et limité à deux. Concernant les tarifs, il faut compter entre 205€ la nuit en semaine et 249€ dès le week-end. Les jeunes ne sont pas les seuls à s'y aventurer, "on a accueilli des personnes de plus de 60 ans" souligne le bailleur.

LES LUXEMBOURGEOIS FONT LE DÉPLACEMENT

La Love-Room a fait parler d'elle jusqu'au Luxembourg, où le concept "n'existe pas, à ma connaissance" répond t-il.  "Cependant, la clientèle luxembourgeoise n'hésite pas à faire les 60 kilomètres qui nous séparent de la frontière." Faire lui-même le chemin jusqu'au Grand-Duché pour ouvrir -discrètement- les portes d'une Love-Room n'a jamais été une option. "Ce serait financièrement très difficile de monter un tel établissement au Luxembourg, vu le prix de l'immobilier pratiqué là-bas. Je ne pourrai pas continuer à pratiquer des prix aussi abordables et légitimes. Je serais obligé de faire exploser les tarifs et on ne toucherait plus la même clientèle..."

Évidemment, personne n'est dupe. Si cette Love-Room peut accueillir des romances solides, elle permet aussi aux relations adultérines de naître ou de vivre à l'abri des regards. Mais celles-ci "existent depuis la nuit des temps" se défend le propriétaire. "Ce n'est pas grâce, ou à cause de ma Love Room que les gens vont plus ou moins se tromper. Les hôtels de type traditionnel étaient là bien avant moi. J'apporte juste une structure et une intimité supplémentaire à des gens qui auraient de toute façon sauté le pas, que j'existe ou non..."