Alors que la Belgique tente de limiter la consommation d'alcool, le Luxembourg tire profit de l'importante différence des prix... Même si tout n'est pas "cirrhose" au Grand-Duché!

En Belgique, les prix de l'alcool sont supérieurs à la moyenne européenne. Et cela ne risque pas de s'arranger!

Le gouvernement a en effet décidé de revoir fortement "à la hausse les accises sur les vins et spiritueux, de respectivement 31 % et 41 %", rappelle le quotidien La Libre.

L'écart se creuse donc de plus en plus avec le Luxembourg, comme l'illustre cette comparaison réalisée par nos confrères belges:

TOURNÉE GÉNÉRALE CHEZ LE VOISIN LUXEMBOURGEOIS

Avec cette hausse des taxes, le gouvernement belge poursuit un double but : "augmenter les recettes fiscales sur les boissons alcoolisées tout en faisant baisser la consommation" continue La Libre.

Hélas, c'est complètement raté! Non seulement le manque à gagner pour la Belgique est de 120 millions (au lieu d'une hausse espérée des accises de 220 millions), mais la consommation a tendance à augmenter! "La cause est à rechercher au-delà des frontières. Les Belges, dont un sur deux habite à moins de 50 km d’une frontière, ont décidé d’aller acheter l’alcool à l’étranger, là où il est moins cher. C’est le cas surtout en France et au Grand-Duché de Luxembourg" peut-on lire.

Le nombre d’achats transfrontaliers a augmenté de plus de 250 % depuis 2016. A tel point que selon l’OMS, la consommation d’alcool en 2018 a en réalité augmenté en Belgique.

AU LUXEMBOURG, TOUT N'EST PAS "CIRRHOSE"

En matière de consommation d'alcool, le Luxembourg se positionne bien au-dessus de la moyenne européenne. Un plan d'action national est en préparation depuis une dizaine d'années. Finalement bouclé en 2018, il serait resté dans les tiroirs des députés lors des dernières élections.

Le gouvernement vient cependant d'annoncer le relèvement de 16 à 18 ans de l'âge minimum requis pour acheter de l'alcool fort. Il est également envisagé de faire passer le taux d'alcoolémie accepté pour les jeunes conducteurs à zéro, contre 0,2 pour l'instant. 
D'importants efforts devraient également être faits concernant la prévention et les soins offerts aux personnes souffrant d'alcoolisme. En revanche, une hausse des accises n'est pour l'instant pas prévue. Le ministre estime qu'une hausse des prix n'aurait pas ou peu d'impact dans un pays riche comme le Luxembourg, à moins d'appliquer une forte augmentation.

Notre journaliste Thomas Toussaint dénonçait justement les limites de cette politique luxembourgeoise en matière d'alcool dans un édito à lire ici.

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