Le 24 décembre dernier, deux voitures se percutaient violemment à Villerupt. Cinq personnes, dont un bébé, avaient été secourues par les pompiers. Un mois plus tard, des victimes ont décidé de remercier leurs sauveteurs.

Qui s’intéresse à ce qui se passe après un accident de la route? À ce que deviennent les victimes? Leurs souffrances, leurs combats? C’est une regrettable loi médiatique: un fait-divers chasse un autre. Pour une fois, nous pouvons raconter cet "après".

Le 24 décembre dernier, vers 20h, deux voitures ont subi un violent choc frontal à la sortie de Villerupt. Dans une voiture, trois adultes et un bébé, qui quittaient le quartier Cantebonne. Dans l’autre sens, un automobiliste en provenance de Crusnes, seul dans sa voiture.

Michael, le conducteur était avec sa compagne Tiphaine, sa belle-sœur Jessica, tandis que Noé, 1 an, dormait à l’arrière dans son siège bébé, dos à la route. Ils sortaient du repas chez les parents, le petit était fatigué, il fallait rentrer pour préparer le repas de Noël le lendemain. "On attendait le Père Noël… On a eu les pompiers" déplore Jessica.

"C'EST COMME DANS UN FILM"

"On roulait tranquillement. Je me souviens d'avoir vu arriver l’autre voiture en face. Je n'ai rien pu faire. Ça s’est passé trop vite" affirme Michael, qui a porté plainte. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes du drame.

Une chose est sûre, le choc a été très violent, comme en témoigne cette photo.

Le 24 décembre dernier, un violent accident survenait à la frontière. Des victimes ont décidé de remercier leurs anges-gardiens. / © Archives RTL / SDIS 54

Tiphaine : "C’est comme dans un film. On voit tout au ralenti. On entend la tôle qui se froisse, et après j’ai perdu connaissance." Michael, lui, est resté conscient. "Ce qui m’a choqué, c’est de voir l’airbag brusquement. Ensuite, le panache de fumée dans l’habitacle. j’ai compris après que c’était à cause de l’airbag justement." Il est le premier à reprendre connaissance. Il remarque sa porte est enfoncée. Il ne peut pas l’ouvrir, alors il décide de passer par dessus sa compagne, assise à l’avant, et tente de faire reprendre connaissance aux passagers. Finalement, tout le monde arrivera à sortir de l'épave de la voiture avant l'arrivée des secours.

Une vingtaine de pompiers se rendent sur place pour les secourir. Ils viennent de Audun, Villerupt, Hussigny, Longwy, Audun le Roman... Et malgré la soirée du réveillon, malgré le fait que beaucoup fêtent Noël avec leurs familles, les pompiers répondent naturellement présent. Les blessés sont transportés dans les hôpitaux de Mont-Saint-Martin, Arlon et Thionville.

DE LOURDS SÉQUELLES

Sauvés, mais pas indemnes. L’enfant, heureusement, n'a que des hématomes. Michael a encore le bras immobilisé pour une fracture du poignet. Sa femme Tiphaine a une fracture du sternum, une entorse cervicale et un épanchement d'un poumon. Jessica a des vertèbres lombaires fracturées, huit côtes et la clavicule cassées.

Tiphaine : "On devait partir en vacances en janvier, on a évidement dû annuler. Mais on a prévu de fêter Noël fin janvier quand même" sourit-elle, même si elle est toujours très émue.

AUX POMPIERS : MERCI!

Ce week-end, dans la caserne de Villerupt, cette famille est venue remercier les sapeurs. Malgré leurs blessures plus ou moins invalidantes, ils ont voulu faire ce beau geste. "Même si on reçoit parfois des cadeaux pour l'amicale des pompiers, ce genre de rencontre est plutôt rare" témoigne le lieutenant Scassellati, chef de centre à Villerupt.

Ils ont ramené des friandises, l’enfant a eu droit à des petits cadeaux, des photos ont été prises, les rires ont fusé. Un moment émouvant pour tous, journalistes y compris.

Et surtout, beaucoup de remerciements aux pompiers. Jessica : "On était le 24 au soir, les pompiers n’auraient pas dû être là, ils auraient dû être avec leur famille pour fêter Noël. Et ils sont venus pour nous." Un pompier sourit : "C’est normal, on est là pour ça".

Jessica  insiste : "Faut pas attendre que ce genre de drame arrive pour les remercier." Une pensée, donc, pour les pompiers, car on ne le répète jamais assez: ils consacrent (et risquent) leur vie à protéger celles des autres.