"Ce véhicule n'a aucun avenir", tempère un professeur de l'Université de Liège

"L'hydrogène, c'est mort-né. Il n'y a absolument aucune chance que ça se développe", assure Damien Ernst. Le professeur en électromécanique à l'Université de Liège ne pense pas que les véhicules qui roulent à l'hydrogène sont l'avenir de l'automobile d'un point de vue écologique. "Tous ceux qui ont travaillé dans l'hydrogène, ce sont vraiment les grands déçus de la transition énergétique. Tout le monde y croit. Ils sont remplacés par les batteries électriques pour une simple raison: pour une unité d'énergie renouvelable, vous allez faire deux à trois fois plus de kilomètres dans une voiture électrique par rapport à une voiture à hydrogène. En termes de carburant, cela va vous coûter deux à trois fois moins cher. C'est la raison principale pour laquelle le véhicule à hydrogène n'a absolument aucun avenir."

Mais cet avis n'est pas partagé par Francesco Contino, ingénieur civil et professeur en thermodynamique à l'UCLouvain. "Il faut essayer d'avoir une solution qui répond à chaque besoin, ou plutôt une variété de solutions qui répond à une variété de besoin. Il faut finalement poser les questions dans l'autre sens. Que veut-on ? On veut une bonne qualité de l'air et diminuer le CO2. Le professeur Ernst disait que l'hydrogène est mort-né, je ne suis pas du tout d'accord non plus. Je pense que c'est une aberration de dire ça. C'est mort-né aujourd'hui, mais ça ne l'est pas du tout demain."

"L'hydrogène est nécessaire"

"D'ailleurs, plusieurs études montrent que si on veut être ambitieux par rapport à nos objectifs de renouvelable, si on veut diminuer en 2035 40% de notre CO2 et arriver à 0% en 2050, on n'y arrivera jamais sans avoir un stockage beaucoup plus massif d'énergie, continue Francesco Contino. On peut être rêveurs et penser qu'on aura les batteries de demain qui seront extrêmes, mais ça ne marchera pas en tout cas avec la technologie qu'on perçoit aujourd'hui. Toutes les études montrent que si on veut arriver au moins à 50% d'émissions de CO2, à un moment donné, l'hydrogène, voire d'autres carburants de synthèse seront nécessaires."

Pour certains, les voitures partagées sont l'avenir dans les grandes villes. Mais doivent-elles rouler à l'électricité ou à l'hydrogène ? Pour Elke Van Den Brandt, ministre bruxelloise de la Mobilité (Groen), ce n'est pas sous cet angle que la question doit être posée. Il faut revoir tout notre mode d'organisation. "Ce n'est pas juste une question de changer toutes les voitures thermiques par des voitures électriques ou hydrogènes, mais c'est une question d'avoir moins de voitures. On peut créer une ville où les trains roulent à temps ou c'est chouette de se déplacer, cela veut dire aussi qu'il faut réfléchir à la place des voitures dans la ville."