Des personnes refusent d’ajouter un individu supplémentaire sur une planète qui en compte déjà beaucoup, et qui en souffrira.

Plus d'un Belge sur 10 âgé entre 25 et 35 ans ne veut pas d'enfant. C'est le résultat d'une étude qu'avait menée la VUB en 2018. Les chercheurs avaient interrogé 1.951 Belges âgés entre 25 et 35 ans pour parvenir à tirer leurs conclusions.

Selon celles-ci, 13% de cette catégorie de la population ne veut pas d'enfant. Pour des questions d'économie ou pour privilégié sa carrière, les raisons sont multiples. Conchi Munoz Gonzalez, une témoin de RTL ayant fait le choix de ne pas avoir d'enfant explique: "Certaines personnes nous disent que c'est une forme d'égoïsme et quelque part je leur donne raison. J'ai cette chance de faire des choses que pour moi et pour mon mari."

Ne pas mettre au monde un enfant qui en souffrira

Mais de plus en plus, un autre argument émerge. Certains ne souhaitent pas faire d'enfant dans le monde tel qu'il est actuellement. Soumis à la pollution, la surpopulation, les incertitudes politique et climatique. Ils refusent d’ajouter un individu supplémentaire sur une planète qui en compte déjà beaucoup, et qui en souffrira.

Le mouvement “Childfree” prend de l’ampleur en Belgique, certains se regroupent en association, d’autres ont pris la décision seul.

Invité sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, Théophile de Giraud théoricien de l'antinatalisme (thèse soutenant que la population devrait s'abstenir de procréer pour des raison morales) défend son point de vue en citant un rapport de 2017 signé par 15.000 scientifiques. Selon ce texte publié par la revue scientifique BioScience: "Nous compromettons notre avenir en ne freinant pas notre consommation effrénée de ressources, et en persistant à ne pas comprendre que la croissance démographique continuelle est le premier facteur de bon nombre de menaces écologiques et sociétales."

"Un discours catastrophiste"

Selon Damien Ernst, professeur en électromécanique à l'université de Liège, ne plus faire d'enfant n'est pas la solution. "C'est clair qu'il y a une crise écologique, il y a des problèmes, accorde-t-il. Mais on en discute que de ce problème on n'a qu'un discours catastrophiste beaucoup relayé par certains médias sans analyse critique et on ne présente jamais les solutions."

Damien Ernst soutient que la solution réside dans les progrès technologiques. "Prenons par exemple l'alimentation. Il y a une toute nouvelle industrie qui est en train de se développer qui permet par exemple de fabriquer de la viande synthétique, soutient-il Donc vous réduisez fortement la surface de champs qu'il faut pour nourrir les gens. On ne discute jamais de toutes ces inventions scientifiques formidables qui permettent de changer le monde."