Le zoo d'Amnéville serait "criblé de dettes" et "attaqué par 120 personnes aux prud'hommes", selon une enquête de France Bleu publiée ce mercredi.

"Les pratiques pas très nettes du zoo d'Amnéville": une enquête de France Bleu, publiée ce mercredi, accable le parc mosellan. Selon la radio, une dizaine d'ex-salariés dénoncent les pratiques du zoo, à commencer par un prétendu système de fichage.

France Bleu affirme ainsi qu'une liste noire de 214 noms aurait été tenue par des personnes dans les bureaux du zoo, concernant des salariés et des visiteurs au comportement problématique. Sur cette liste, publiée sur le site de la radio, on trouve les mentions: "élément perturbateur au service restauration", "pb prud’homme", "anti-zoo", "anti-cirque", etc.

"C'EST N'IMPORTE QUOI" S'INDIGNE LE DIRECTEUR DU ZOO

Le directeur du zoo Michel Louis, interrogé par France Bleu, nie l'existence de cette liste. "C’est n’importe quoi, vous pouvez d’ailleurs regarder dans nos ordinateurs." Mais selon la radio, un expert en informatique a passé une journée au zoo pour vider les disques durs.

Cette enquête accablante accuse également le zoo de déverser ses eaux usées dans la forêt d'Hagondange, parfois avec des produits détergents, de la nourriture ou des excréments, en prenant soin, néanmoins, de souligner que "les services de l'État n'ont rien à signaler". 

Si les soigneurs ont une excellente réputation, la radio a recueilli des témoignages d'anciens salariés expliquant que des animaux, comme une éléphante, un lion, un puma ou un boa, ont été enterrés dans la forêt, ce que dément en bloc le directeur.

Celui-ci est accusé d'autoriser certains salaires "démesurés", d'être "colérique" et d'annoncer de faux chiffres "depuis cinq ans". Ainsi, l'équipement de Tiger World, à qui on impute la "quasi faillite du zoo", n'aurait pas coûté 14 millions mais 33 millions d'euros, selon le média.

En réponse à ces accusations, le directeur a affirmé que tout était "bidon" et qu'il s'agissait d'un complot "pour lui prendre le zoo".

PLUS D'UNE CENTAINE DE DOSSIERS AUX PRUD'HOMMES

Enfin, 120 dossiers seraient traités aux prud'hommes, y compris celui de Michel Louis qui aurait "attaqué son propre zoo "pour se protéger" en cas de liquidation", révèle France Bleu, qui indique que l'audience est programmée le 3 février 2020.

Le parc, qui doit faire face à une dette estimée à 53 millions d'euros, est parvenu à un accord avec un fonds d'investissement parisien (Prudentia Capital) présenté au tribunal de grande instance de Metz, a annoncé France Bleu début octobre. Une audience se tiendra à la chambre commerciale du tribunal le 18 décembre prochain. Après celle-ci, le directeur du zoo promet une réponse judiciaire "à tous ceux qui me salissent, qui salissent le zoo, qui me calomnient, qui me diffament."