Une seule caserne de pompiers pour Villerupt et Audun-le-Tiche: détails de ce projet inédit en France, à l'occasion des célébrations de la Sainte-Barbe.

Des bâtiments "un peu vétustes": c'est ainsi que sont présentées les casernes d'Audun-le-Tiche (Moselle, département 57) et de Villerupt (Meurthe-et-Moselle, 54). Des casernes que les élus souhaitaient donc, à la base, reconstruire.

Mais en février 2018, après des années de discussions et de polémiques, les présidents des deux départements ont tranché: on ne construira qu'une seule caserne, qui couvrira donc les deux secteurs, et elle sera créée à... Villerupt. Audun-le-Tiche n'est pas oublié pour autant: le commandement de la future caserne sera assuré par un officier mosellan.

"Ce sera donc une caserne unique en son genre en France, du fait de son caractère interdépartementale et par sa taille" nous explique le commandant Laurent, de la 1ère compagnie d'incendie et de secours du Thionvillois. Une centaine de pompiers, volontaires et professionnels, se partageront les locaux. "À eux deux, les deux centres combinent déjà 2500 départs (en intervention) par an, et on pense que d'ici 10 ans ce chiffre sera porté à 3500".

UN EMPLACEMENT QUI FAIT POLÉMIQUE

La caserne sera installée sur les hauteurs de Villerupt, au quartier Cantebonne, avenue de la Libération (juste après le garage Peugeot). Un emplacement qui n'est pas du goût de tout le monde, certains critiquant son caractère excentré et plaidant plutôt pour le site de Micheville... D'autres rétorquent que Cantebonne a l'avantage d'être proche de l'A30 et de la N52. "Les études ont prouvé que cette caserne unique pourra couvrir tout le bassin de vie des deux communes" répond le commandant.

La future caserne interdépartementale sera installé à côté de ce garage, à Villerupt-Cantebonne. / © Capture d'écran Google Map

Le début des travaux est espéré pour "l'horizon 2020-2021, car il reste encore beaucoup à accomplir d'ici là". L'inauguration n'est donc pas attendue avant 2022."On a encore beaucoup de choses à penser, on travaille donc beaucoup sur l'humain pour que tout se passe au mieux" insiste-t-il.

"ON SAUTE UN PEU DANS L'INCONNU"

"Bien sûr, il y a des peurs, car on saute un peu dans l'inconnu" résume le lieutenant Scassellati, de Villerupt. "C'est comme si vous proposiez à votre voisin d'abattre les murs pour emménager ensemble: il faut penser à tous les aspects pour que cela se passe bien" ajoute le capitaine Girardeau, d'Audun-le-Tiche. Les formations, les rémunérations, ou même les écussons (qui ne sont pas forcément les mêmes du côté 54 et 57): là encore, la fusion va demander de nombreuses adaptations.

Et les effectifs? "Le but est d'additionner au mieux les deux parties, on essaie de ramener tout le monde" rassure le commandant Laurent. Mais dans le monde du travail, 1 +1 n'égale pas toujours 2: il faudra tenir compte des compétences partagées et des éventuels doublons.... Mais les moyens seront là, ajoute-t-il, car la future caserne de Villerupt a vocation à devenir "une vitrine pour le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS)".

Fabbro, pompier volontaire depuis 2016 à Audun, est lui enthousiaste: "Ce regroupement est une chance énorme, cela nous permettra de mettre en commun nos savoirs, d'apprendre de nouvelles techniques..." À suivre donc!

UNE SAINTE-BARBE SANS FRONTIÈRES

"Centre de secours de Villerupt et d'Audun-le-Tiche, à mon commandement, garde à vous!" hurle un gradé sur le parvis de l'église de Villerupt.

En attendant les travaux, une première pierre symbolique a été posée ce samedi, avec une fête de la Sainte-Barbe pas comme les autres. La Sainte Patronne des pompiers a en effet été célébrée à Villerupt, en présence de sapeurs d'Audun-le-Tiche mais aussi du Luxembourg. C'était donc la première Sainte-Barbe interdépartementale et frontalière, qui "va permettre un rapprochement encore plus importants de ces pompiers voisins qui s'épaulent déjà" s'est réjouit le maire d'Audun-le-Tiche. "Cela reflète notre territoire, ainsi que notre proximité avec nos voisins luxembourgeois" a ajouté son homologue de Villerupt.

Le Luxembourgeois Nico Reiffer, du CGDIS de Sanem-Differdange, a fait le déplacement: "C'est notre première Sainte Barbe à Villerupt. Ça fait déjà 20 ans qu'on collabore avec nos voisins français, donc on a peu d'attente par rapport au nouveau centre de Cantebonne, on espère juste qu'on va continuer à bien travailler ensemble!".