En mai dernier, une nouvelle voie de covoiturage était inaugurée sur l'autoroute E411 en Belgique, en direction du Luxembourg. Plusieurs mois après sa mise en place, ses utilisateurs sont formels: on gagne du temps et de l'argent!

Patrick Lapraille, habitant de la commune wallonne Léglise, est un "covoitureur" endurci. Depuis 2004, ce chef de projet au service informatique de la BIL organise ses trajets vers le Luxembourg avec ses collègues, et engrange des statistiques très précises sur ses déplacements.

20.000 EUROS D'ÉCONOMIE DEPUIS 2004

Plus besoin de lui louer les bénéfices du covoiturage: d’après ses calculs, Patrick a économisé plus de 20.000 euros en 15 ans, notamment 13.994 litres de carburant.

Comme beaucoup de frontaliers en provenance de la Belgique, Patrick a accueilli le dispositif mis en place par la Sofico, Société wallonne de financement complémentaire des infrastructures, avec beaucoup d’enthousiasme.

Après sept mois de travaux, la voie de covoiturage a été rendue accessible aux automobilistes en mai 2019, à la condition d’être au moins trois à bord d’une même voiture et de respecter la limitation de vitesse de 50 km/h.

"C’est très efficace, nous apprend Patrick. Nous gagnons jusqu’à 15 minutes par trajet depuis Léglise (environ 60 km, NDR). Il est simplement regrettable que le dispositif ne soit pas mis en place dans le sens du retour."

Ce "covoitureur statisticien” s’est fait une autre remarque au fil des mois. "Lorsqu'on regarde les files de voitures dans les embouteillages, on observe que la plupart n’ont qu’un occupant. Il serait donc souhaitable de rendre la voie de covoiturage accessible aux véhicules avec deux occupants. Surtout qu’il est très difficile de s’organiser pour faire du covoiturage à trois ou plus."

LE HIC: LES ENNUIS COMMENCENT APRÈS LA FRONTIÈRE

Cette habitude a donc réellement amélioré les conditions de travail de Patrick et des quatre collègues avec lesquels il s’organise, sans compter l’aspect économique. Mais un problème demeure: l’arrivée à la frontière luxembourgeoise qui rime avec le début des bouchons. Patrick n’attend donc qu’une chose, que le gouvernement luxembourgeois prenne des dispositions pour proposer la même chose de l’autre côté de la frontière.

La réussite de ce dispositif pourrait également donner des idées aux autorités françaises pour arranger le quotidien des usagers de l’A31 entre Thionville et Luxembourg. Eh oui, pour l'heure, ce sont bien les Belges qui peuvent se moquer des Français!