Après Trèves, Metz, Bitbourg ou encore Villerupt, c'est maintenant la Rhénanie-Palatinat qui réclame au Luxembourg des indemnités pour compenser l'impact du travail frontalier.

Non, non et non! En mai dernier, le Luxembourg avait envoyé un message clair à trois communes frontalières : pas question de leur accorder des rétrocessions fiscales pour compenser le nombre croissant de frontaliers qui y résident.

Or, après Trèves, Metz, Bitbourg ou encore Villerupt, c'est maintenant la Rhénanie-Palatinat qui monte au créneau. En effet, d’après la presse allemande, le Land aurait demandé au gouvernement allemand d’intervenir afin d’obtenir une compensation du Luxembourg pour les "50 millions d’euros perdus chaque année" en impôts.

La ministre des Finances de la Rhénanie-Palatinat, Doris Ahnen (SPD), a d’ailleurs assuré "soutenir l’initiative des communes" frontalières qui demandent des rétrocessions fiscales au Grand-Duché dans une interview accordée à SWR.

UNE VIEILLE HISTOIRE

Obtenir de l'argent du Luxembourg pour financer les infrastructures dont profitent les frontaliers, mais pour lesquelles ils ne cotisent pas: l'idée d'une rétrocession fiscale continue donc de faire des émules chez nos voisins.

En mai dernier, les maires de Metz et Trèves ainsi que les administrateurs des arrondissements de Trèves-Saarburg et Bitbourg-Prüm s'étaient mobilisés pour obtenir une compensation fiscale de la part du Luxembourg. Leur argument: le frontalier a beau dépenser une grande partie de ses revenus dans son pays de résidence, il ne paie ses impôts qu'au Luxembourg. En résulte pour les communes frontalières un manque à gagner pour financer les différents services (écoles, routes, etc.)

Cela fait des années que des communes frontalières tentent de convaincre le Grand-Duché de rétrocéder une partie de l'impôt sur le revenu payé par les frontaliers, sur le modèle qui existe déjà avec la Belgique. La Belgique profite ainsi d'une rétrocession annuelle de 30 millions d'euros, ce qui représente 14% du budget d'une ville comme Arlon.

Mais une déclaration du Premier ministre Xavier Bettel résume la position du Luxembourg: "Je n’ai pas envie de payer la décoration de Noël d’un maire" avait-il dit lors de sa visite d'Etat en France, en mars 2018. Inquiet des conséquences financières et politiques d'un tel accord, le Grand-Duché rappelle qu'il participe déjà à la réalisation de nombreux projets transfrontaliers et reste fermement opposé à tout nouveau projet de rétrocession fiscale.