La ville de Nancy a lancé jeudi un observatoire pilote des violences faites aux filles pour collecter des données, réunir les acteurs du sujet, accompagner les victimes et définir des actions de prévention.

"L'objectif est de recenser, d'analyser, d'avoir des chiffres, des faits, des éléments objectifs (et) d’accompagner les victimes, prévenir et éduquer les filles, les parents, tous ceux qui, dans leur métier, leur responsabilité sociale et professionnelle, leur engagement civique et associatif, peuvent intervenir, et aussi d'être auprès de l'Etat pour sanctionner", a détaillé le maire, Laurent Hénart, lors d'une conférence de presse.

"L'intérêt est d'offrir des ressources pour penser de manière globale la question des violences faites aux filles" avec cet observatoire, lancé la veille de la Journée internationale des filles, instituée depuis 2002, a-t-il rappelé.

Le pilotage de cet observatoire a été confié à Dominique Sigaud, écrivain et journaliste, lauréate du prix "Livres et Droits de l'Homme", lors de la dernière édition du Livre sur la Place.

Les violences faites aux filles sont "un invariant de l'histoire humaine, un invariant actuel, contemporain", a observé l'auteure, qui a découvert "l'ampleur des violences faites aux filles, viols, tentatives de viols et incestes" lors de la rédaction de son ouvrage "La malédiction d'être fille".

"J'ai découvert surtout qu'il n'y a aucune donnée" sur les mineures victimes de violences sexuelles, a constaté Mme Sigaud.

L'écrivaine, qui travaillera en tant que "chargée de mission auprès du maire", va mener "une enquête" auprès des professionnels et acteurs en lien avec le sujet. "Il y a plein de gens qui savent plein de choses et personne ne va les voir pour leur demander" de partager leur expérience, a constaté Mme Sigaud.

Une méthodologie détaillée sera présentée début 2020 et les premières actions débuteront au printemps.

"Il y a la volonté de situer l'expérience qui va être engagée à Nancy dans un réseau national, européen et international", a dit M. Hénart.

"Je veux que les filles sachent que ce travail existe. Ca va faire remonter des choses, il y a forcément des gens qui vont s'en saisir", a espéré Mme Sigaud.