Alors que les TER français pourraient rester bloqués à la frontière luxembourgeoise au 1er janvier 2020, l'association des usagers formule sept solutions de crise pour faciliter les déplacements des frontaliers.

Si rien ne change du côté de l'administration des chemins de fer luxembourgeois, les TER français qui n'utilisent pas encore le système de sécurité ERTMS seront arrêtés avant la frontière à partir du 1er janvier 2020.

La SNCF essaie bien d'équiper son matériel en dernière minute, mais la seule certitude donnée aujourd'hui est qu'elle ne parviendra pas à boucler les opérations dans les temps. Entre dix et douze rames seront prêtes pour le début de l'année. Les autres devront s'arrêter à Thionville, permettant seulement aux passagers de prendre une correspondance aux normes. Toutes les rames devraient être disponibles pour le mois de juin 2020.

Du côté de l'association des usagers de la ligne - l'AVTERML - le temps n'est "plus à la lamentation, mais plutôt à l'action déterminée et concertée" pour faciliter le quotidien des 12.000 voyageurs quotidiens. Ceux-là même qui seront les "dindons de la farce" de ce manque d'action de la Région.

Pour faciliter le quotidien des frontaliers, l'association a écrit au président de la région, Jean Rottner, pour lui proposer plusieurs solutions "susceptibles d'apporter du mieux dans une situation difficile".

  1. Autoriser l'accès aux TGV. Une mesure exceptionnelle, jusqu'ici proposée en cas d'événements imprévus et de courte durée. "L'accès doit être accordé sans aucune condition" précise l'association.
  2. Desservir toutes les gares entre Metz et Thionville. Ce afin de ne pas léser les usagers de ces "gares intermédiaires" qui bénéficient déjà de moins de trains. Cela comprend également la desserte d'Hettange-Grande et Howald.
  3. Assurer des correspondances fiables à Thionville. Ce qui implique qu'elles ne soient ni trop longues (pas plus de 15 minutes), ni trop courte (on imagine les problèmes qu'engendrerait un retard avant la correspondance) et qu'elle ne laisse aucun usager sans solution en fin de journée.
  4. Bien planifier l'utilisation du matériel. Savoir combien de rames sont nécessaires pour assurer la correspondance. Combien seront apportées par le Grand-Duché. S'il est possible de mobiliser du matériel en le louant auprès d'autres entreprises ferroviaires.
  5. Miser sur les bus pour effectuer les trajets aller-retour. En autorisant l'accès aux bus des lignes 300, 301, 303... Et en réinstaurant les lignes de bus de substitution au départ de Metz via Thionville.
  6. En prenant des décisions fortes. L'association évoque notamment la (peu probable) possibilité de faire circuler les bus sur la bande d'arrêt d'urgence de l'A31 et de l'A3 afin d'éviter une partie des embouteillages. L'AVTERML mentionne aussi la nécessité d'obtenir une aide concrète du Luxembourg, qui s'est engagé à aider autant que possible.
  7. Dédommager financièrement les abonnés du train. Face à une situation qui va très certainement se dégrader (correspondance, trajets rallongés, manque de place...), l'association attend de la Région qu'elle prévoit "un dédommagement à la hauteur des désagréments" que vont subir les frontaliers.