Le syndicat FO s'est alarmé mardi lors d'une conférence de presse à Metz "des atteintes que peuvent subir les industries en Lorraine".

"Il n'y a aucune volonté pour maintenir l'industrie dans notre pays: hier c'était ArcelorMittal, aujourd'hui c'est Saint-Gobain PAM et demain, ce sera peut-être PSA", a regretté Pascal Grimmer, délégué syndical à ArcelorMittal à Florange.

Les syndicats de PAM, filiale de Saint-Gobain spécialisée dans les canalisations en fonte, redoutent un projet de cession à un groupe public chinois de l'usine installée à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle. La direction de Saint-Gobain a annoncé réfléchir à la recherche d'un "partenaire" pour "renforcer le projet industriel et commercial" de sa filiale, affirmant qu'il existait "une multitude d'options".

"La question de la sauvegarde de nos technologies et de notre savoir-faire se pose: il y a une fuite en avant de nos compétences et nos politiques ne peuvent pas capituler devant le pouvoir de la finance qui veut toujours faire plus de bénéfices au prix de milliers d'emplois", a réagi Lionel Lagrue, délégué syndical à l'usine de Pont-à-Mousson.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a, selon lui, "un rôle très important à jouer étant donné que Saint-Gobain PAM est une activité stratégique, il sera en grande partie responsable de l'avenir" du site, a-t-il ajouté.

Le syndicaliste s'est inquiété de voir "disparaître un outil de production européen", alors que le réseau de canalisations en France doit faire l'objet d'un renouvellement important dans les prochaines années.

"On aura à se reposer sur des "canalistes" chinois et indiens, principalement, avec quelles conséquences sanitaires et environnementales?", a-t-il demandé.

Les syndicalistes FO de Lorraine ont appelé l'Union européenne à "mettre des garde-fous" dans les importations. "On n'a pas les mêmes normes, nulle part. Nous, par exemple, on fait de l'acier propre, mais les autres?", a dénoncé Norbert Cima, autre délégué syndical à ArcelorMittal.

"C'est irresponsable de la part des commissaires européens, des commissions et des députés de tergiverser autant pour mettre des barrières intelligentes: il faut trier et on n'aura plus de problème", a-t-il ajouté. Inquiets "des atteintes que peuvent subir les industries en Lorraine", les délégués syndicaux et représentants de neuf usines ont signé mardi "une motion de soutien mutuel dans nos luttes actuelles et futures".