Quatre élus français et allemands ont écrit à Emmanuel Macron et Angela Merkel pour qu'ils fassent pression sur le Luxembourg sur la question d'une compensation fiscale.

Dominique Gros, Wolfram Leibe, Günther Schartz et Joachim Streit. Ces quatre élus, respectivement maires de Metz et Trèves et administrateurs des arrondissements de Trèves-Saarburg et Bitbourg-Prüm, viennent de se mobiliser ensemble pour obtenir une compensation fiscale de la part du Luxembourg. La raison? Le nombre toujours croissant de frontaliers qui y résident.

Le frontalier a beau dépenser une grande partie de ses revenus dans son pays de résidence, il ne paie ses impôts qu'au Luxembourg. Reste alors à la France et à l'Allemagne de financer les écoles et les routes qui lui permettent de circuler et d'éduquer ses enfants: "le nombre des usagers utilisant l'infrastructure et les services d'intérêt public sont de moins en moins nombreux à contribuer à leur financement" obligeant les communes à "faire face à de gros défis financiers" déplorent-ils.

Si le Grand-Duché s'est toujours montré hostile à cette idée et préfère participer occasionnellement à des projets transfrontaliers, l'idée revient régulièrement sur sa table... Avec plus ou moins de force. Jusqu'à présent, la demande d'une compensation fiscale reposait sur des initiatives isolées d'élus locaux ou quelques prises de parole de députés étrangers. D'où l'intérêt pour les quatre élus d'aller toquer plus haut, directement à la présidence et la chancellerie.

Cette "initiative franco-allemande", tant souhaitée par les élus, pourrait déboucher sur un accord "tel qu'il existe déjà avec la Belgique": le pays reçoit environ 30 millions d'euros de compensation fiscale chaque année pour le travail de ses frontaliers et les répartit dans leurs communes de résidence.

Pour les élus français et allemands, c'est l'exception locale qui doit devenir la règle. La France connaît d'ailleurs déjà ce système puisse qu'elle bénéficie d'une compensation fiscale avec la Suisse.

Les signataires peuvent toujours louer les "bonnes relations de voisinage entretenues avec le Luxembourg", qui emploiera bientôt plus de 200.000 frontaliers, ils savent que le phénomène s'amplifie vite. Bien trop vite pour qu'ils puissent l'accompagner.