La cocaïne est la substance stimulante illicite la plus couramment consommée en Europe, avec un marché européen estimé à 6 milliards d'euros. Il touche toutes les couches de la population car trouver de la cocaïne est très facile.

"J'ai presque l'impression que les dealers nous reconnaissent", témoigne Julie, une consommatrice belge.

"Le week-end, le soir, en rue, en boite, il est plus facile de trouver de la cocaïne que du cannabis. Nos usagers nous le confirment", explique Maurizio Ferrara, psychologue auprès d'Infordrogues. Les dealers gèrent le marché comme n'importe quel business, en envoyant par exemple des SMS promotionnels : "Les revendeurs envoient des messages régulièrement, 2 à 3 fois par mois, pour relancer les clients avec des promotions, du genre 3 + 1 gratuit."

"SNIFFER PLUTÖT QUE MANGER"

La cocaïne s'achète par gramme et il faut compter 50 euros le gramme. Les plus gros consommateurs en consomment plusieurs par jour. "Ça peut faire mal au portefeuille. C'est très malheureux parce qu'il y a des gens qui n'ont pas les moyens du tout mais ils sont tellement addicts qu'ils trouveront toujours une solution pour sniffer plutôt que de manger", dit encore Julie.

À l'échelle européenne, c'est 17 millions des 15 -34 ans ont déjà goûté à cette substance, soit 5% de cette tranche d'âge, selon les chiffres du Rapport européen sur les drogues 2018 mené par l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.

La cocaïne est souvent associée à une ambiance de fête et est presque banalisée. Et pourtant, après l'héroïne, c'est la deuxième drogue qui mène le plus de personnes aux urgences. Elle a aussi des effets désastreux sur les relations sociales.

"SOUVENT L'ENTOURAGE QUI NOUS APPELLE"

"C'est une substance qui modifie beaucoup la façon de se comporter, que ce soit avec son partenaire, que ce soit avec ses collègues, que ce soit avec ses amis. Et donc l'entourage, à un moment donné, va se rendre compte qu'il y a quelque chose qui ne va pas. D'ailleurs, c'est souvent l'entourage qui nous appelle, pas toujours l'usager", confie encore Maurizio Ferrara, d'Infordrogues.

Dans cette enquête RTLinfo, on apprend également que pour les professionnels de la santé, la dangerosité de la cocaïne est sous-estimée et elle entraîne les pires dépendances. Avec la cocaïne, il n'y a pas de syndrome de manque comme avec l'alcool ou l'héroïne, mais la dépendance est bien réelle.

Les données mondiales suggèrent une augmentation de la production. En ce qui concerne la Belgique, il n'y a pas de chiffres précis. Au sein d'un réseau européen d'hôpitaux "sentinelles", on apprend que la cocaïne est la seconde drogue la plus consommées dans le cadre de passage aux urgences (dans près de 20% des cas), derrière l'héroïne et le cannabis.

Les dangers physiques sont bien réels : le risque de faire un infarctus dans l'heure qui suit la prise est multiplié par 24. Elle augmente aussi le risque de faire un accident vasculaire cérébral (AVC). Enfin, la cocaïne abîme la cloison nasale et le palais...