La concertation autour de l'A31bis touche à sa fin. Lundi soir, les services de l'Etat, les usagers et les riverains se sont retrouvés pour parler une dernière fois du secteur nord. Il en ressort que le consensus n'est toujours pas là alors que le temps file.

Quatre mois de concertation, de réunion et d'absence de consensus plus tard, la Dreal présentait dans une salle à moitié pleine ses conclusions concernant la concertation le secteur nord du projet d'A31bis lundi soir à Thionville. Avec cette principale question : où sera créé le contournement de Thionville et comment ne pas répercuter trop fortement le coût du péage sur les usagers ?

"Aucune décision ne sera annoncée ce soir, l'objectif est de lister les points qui font consensus et ceux qui font débat" a précisé le sous-préfet de Thionville Thierry Bonnet, pour bien rappeler que c'est l’État qui a le projet entre les mains et qui devra décider. C'est toujours l’État qui, d'après des informations du RépublicainLorrain, aurait retiré l'A31bis de ses priorités. "On est capables de réaliser la partie nord sans argent public" rétorquera la Dreal, rappelant que seul le péage peut financer rapidement le projet.

LE CONTOURNEMENT FAIT TOUJOURS DÉBAT, LE PÉAGE POSE PROBLÈME

Les intervention successives des élus locaux et notamment des maires de Thionville et Florange ont surtout révélé que localement, ces quatre mois n'ont pas permis de trouver un consensus. Plus globalement, le projet "prioritaire" pose toujours de gros problèmes.

Sur le contournement, la solution F4 ne serait (difficilement) acceptée par Florange qu'avec la garantie d'une autoroute enterrée. Pas semi-couverte. Pas en tranchée. Enterrée. Et F10, qui serait située au contact de la traversée actuelle de Thionville, rebute Pierre Cuny, le maire de la commune. Pour couronner le tout, les communautés de communes du nord-mosellan "ont unanimement exigé un tunnel souterrain et non un viaduc ou une tranchée enterrée", donc la traversée de Florange. Reste le souci du château de Bétange, monument historique donc le parc est menacé par les différents tracés en cas d'une autoroute à ciel ouvert.

Enfin la question du péage n'a pas trouvé de réponse mais plusieurs questions sont revenues sur le devant de la scène. Avec cette incroyable casse-tête : comment financer rapidement l'élargissement de l'A31 sans faire peser un coût trop élevé sur les usagers ni déporter le trafic vers le réseau secondaire, gratuit ?

Une nouvelle fois absent de cette réunion, le Luxembourg n'a, lui non plus, aucune envie de voir un péage trop cher s'installer, son réseau secondaire étouffant déjà lors des heures de pointe. L'agglomération de Longwy et les riverains craignent eux un afflux massif d'automobilistes souhaitant contourner le péage. Des études plus précises doivent calculer ce risque.

RIEN NE SERA TERMINE AVANT DIX ANS

Les riverains, les élus et même le garant de la mobilité l'ont noté : face à un problème de mobilité, on tente de trouver une solution autoroutière. "Élargir l'autoroute, c'est créer un appel d'air et attirer plus de véhicules" a déploré un représentant de AGIRR FNAUT. Ironie de l'histoire, à terme, l'A31bis aussi sera insuffisante pour permettre une mobilité efficace.

"L’État n'est pas inactif sur d'autres modes et travaille avec la Région, le Luxembourg et la SNCF pour le ferroviaire" tempère Etienne Hilt de la Dreal, tout en concédant qu'on ne pourra "pas faire mieux qu'un doublement des capacités d'ici 2030" sur le ferroviaire. Là encore, ce sera insuffisant.

En somme, c'est une question d'avenir qui se pose avec l'A31bis : comment créer, aujourd'hui une mobilité efficace demain et qui rattrapera les erreurs commises hier ? Une question qui, en plusieurs décennies, n'a toujours pas été résolue. M. Hilt l'a pourtant dit plus tôt : plus on traîne, plus on décale la réalisation de l'A31bis. Sachant que l'on fait déjà face à "délai incompressible de 10 ans environ" avant qu'elle ne soit terminée, on n'a pas fini de se traîner sur cette autoroute.