Quelle voiture pollue le plus? L'électrique ou le thermique? Une étude récente nous permet de comparer les rejets de gaz à effet de serre de ces véhicules.

Chez les acheteurs, c'est la confusion totale. Entre les publicités qui exagèrent, les lobbys qui forcent et les études qui se multiplient, on ne sait plus où donner de la tête.

Alors que le Giec vient de mettre en garde contre l'accélération du changement climatique - et notamment du réchauffement - la voiture figure parmi les principales variables d'ajustement pour réduire notre consommation d'énergies fossiles. Mais encore faut-il savoir vers quelle motorisation se tourner.

Si les véhicules thermiques seront bientôt indésirables dans de nombreuses villes (voire dans des pays entiers), les voitures 100% électriques apportent encore trop peu de certitudes en termes de recharge et d'autonomie. Surtout, difficile de s'informer sur la question de la pollution réellement émise par ces dernières. Leur production est-elle plus nocive pour l'environnement? Et qu'en est-il sur leur durée de vie totale?

LA VOITURE ÉLECTRIQUE EST MOINS POLLUANTE

Pour y répondre, l'ONG International Council on Clean Transportation vient de publier une étude sur leurs rejets en gaz à effet de serre (en incluant CO2, méthane et N2O). Basée à Berlin et financée par plusieurs fondations environnementales ou philanthropiques, mais aussi par la Commission européenne, l'ONG se définit comme un organisme fournissant "recherche impartiale et analyse technique et scientifique aux autorités de règlementation environnementale". 

D'après les résultats de leur étude, les experts de l'ONG affirment que "seuls les véhicules électriques et à pile à combustible à hydrogène ont le potentiel" pour limiter les rejets de gaz à effet de serre et respecter l'accord de Paris .

RTL

Bien que moins polluante lors de sa fabrication, la voiture thermique (colonne de gauche) rejette plus de CO2 (utilisée ici comme unité de mesure moyenne) que la voiture 100% électrique (colonne de droite) à cause de sa consommation d'énergie fossile. / © International Council on Clean Transportation

NDLR: Notez que la mention "CO2 eq" du graphique précise que le CO2 est utilisée comme "équivalent" afin de simplifier le calcul.

L'ONG confirme tout d'abord que la production d'une voiture électrique est effectivement plus émettrice en CO2 que celle d'une voiture thermique. Bien qu'elle nécessite moins de pièces, c'est la fabrication de sa batterie qui la rend plus polluante.

En revanche, sur sa durée de vie entière (production et utilisation incluse), la voiture électrique émet beaucoup moins de CO2 au kilomètre que sa cousine thermique. Entre 66% et 69% de moins en Europe, 60–68% aux États-Unis, mais aussi 37–45% en Chine et entre 19% et 34% en Inde. "Même pour l'Inde ou la Chine, qui sont hautement dépendantes au charbon" la voiture électrique est déjà plus avantageuse aujourd'hui en termes d'émission de gaz à effet de serre, explique Peter Mock, directeur de la branche européenne de l'ONG.

Cet écart, dû à la consommation de carburant, devrait même s'accentuer au fur et à mesure de la décarbonation de la production d'énergie. Si les scientifiques anticipent que les deux motorisations seront moins émettrices en 2030, c'est toujours la voiture électrique qui sera la plus sobre.

Quant aux voitures hybrides, rechargeables ou non, elles affichent des résultats intermédiaires, meilleurs que les thermiques (surtout pour les rechargeables) mais moins bons qu'une voiture 100% électrique.

Attention, cela ne signifie pas pour autant que la voiture électrique peut être considérée comme "propre". Sur son cycle de vie, elle est simplement moins émettrice en gaz à effet de serre qu'une voiture thermique.

Par ailleurs, l'étude est centrée sur les rejets de gaz à effet de serre mais n'évoque pas les autres types de pollution ou problèmes engendrés par la production ou l'utilisation des voitures. Notamment l'utilisation des terres, les forages, la recherche de composants rares, le recyclage, la pollution de l'air... Pas plus qu'elle n'évoque les conséquences du "tout voiture" (accidents, bouchon, étalement urbain...). Mais ça, c'est un autre sujet...