Contraignante, inutile, voir dangereuse... Dans le monde du travail, la cravate a perdu de sa superbe. Voici cinq raisons de l'abandonner.

1 - PARCE QUE C'EST BON POUR LE MENTAL

Et si la cravate était mauvaise pour la santé? Des scientifiques de l'Université de Schleswig-Holstein en Allemagne ont publié une étude dans la revue Neuroradiology. Ils concluent qu'un nœud serré provoque une réduction de l'afflux sanguin au cerveau de l'ordre de 7,5% en moyenne.

On manque encore de recul pour mesurer l'impact direct sur la santé, mais cette étude rejoint les précédentes qui accusent les cravates d'un ralentissement potentiel de l'activité cérébrale et limitation des capacités cognitives. Ce qui est un comble pour les cols blancs!

2 - PARCE C'EST PAS ÉCOLO

Il est loin, mais genre très loin, le temps où on s'habillait par nécessité. Les vêtements sont devenus des costumes, au sens littéral du terme: ils servent à afficher une condition sociale, l'appartenance à un groupe, etc.

Bref, à part pour s'essuyer les moustaches, la cravate est un attribut vestimentaire totalement superflu. Pire, votre bonne conscience écologique vous dit que ce bout de tissu ne sert à rien, à part aggraver encore davantage le bilan de l’industrie de la mode (une des plus polluantes de la planète, tout de même).

3 - PARCE QUE SI MÊME LES POLITIQUES S'Y METTENT...

Fini le temps où les hommes politiques étaient plus tirés à quatre épingles qu'un militaire à la parade. Avec le temps, on constate de plus en plus de relâchement dans leurs rangs. La cravate a rejoint le gilet de costume au rayon des accessoires très... accessoires.

Donc tant pis pour la forme, après tout les politiques sont élus d'abord pour le fond, non? Et vu qu’ils sont censés être les dignes représentants du peuple (hum), il est tout naturel qu'ils fassent comme les citoyens en tombant la cravate.

4- PARCE QU'ON NE VOUS A PAS DEMANDÉ VOTRE AVIS, D'ABORD

Contrainte "ridicule", "symbole d'autorité réactionnaire"...  La cravate a perdu de sa superbe dans le monde du travail. Bien sûr, il reste des secteurs qui résistent à la tendance, notamment dans le monde de la finance, du commerce, de la haute administration... Mais le salarié lambda, lui, est plutôt content de pouvoir s'en passer.

Car en plus des risques cérébraux évoqués plus tôt, la cravate est quand même un sacré sac de nœud. Surtout quand le mercure grimpe dans la salle de réunion ou sous le soleil, et qu'on ne peut, pour se soulager, que glisser un doigt dans le col pour respirer un peu...

5 - PARCE QUE VOUS AVEZ SÛREMENT UNE MEILLEURE IDÉE

Le monde du travail change, et l'abandon de la cravate est un révélateur d'une certaine inversion des valeurs. Fini les bons petits soldats, qui suivent tous la même grammaire vestimentaire. Au XXIe siècle, pour le pire et le meilleur, l'individualisme triomphe.

Les salariés se réapproprient leurs costumes et imposent leurs propres canons. On veut "incarner notre propre rôle", et pas seulement en choisissant une cravate-Mickey ou en soie de Damas pour se distinguer. Non, moi, ça sera costume-basket. Moi, farandole de couleurs plutôt que le morose catalogue noir-gris-bleu. Moi, col à la Steve Jobs ou t-shirt pour Mark Zuckerberg... "Je personnalise, donc je suis suis" est un nouveau mantra professionnel, et pas seulement dans les start-up où règne le short-tong.

Bien entendu, cet article est écrit avec une bonne dose de mauvaise foi, car il reste des cas où la cravate conserve son titre d'accessoire raffiné et élégant, surtout quand on l'oppose à une indigeste soupe esthétique. Mais ne plus avoir l'obligation de porter cette corde au cou, c'est tout de même un soulagement pour ceux qui se sentent particulièrement étranglés dans notre impitoyable monde du travail...