Comment évoluent les prix des fruits et légumes? Où acheter ces produits moins cher? Pourquoi le bio "low-cost" mérite-t-il un carton rouge? Une étude menée en France fait le point.

"Mangez cinq fruits et légumes par jour", recommande le Plan National Nutrition Santé (PNNS) en France.

D'accord, mais concrètement, combien ça coûte?

L'association Famille Rurale a menée l'enquête en juillet, avec une étude de prix sur un panel de 8 fruits et 8 légumes fréquents (pomme, fraise, carotte, pomme de terre, etc.), issus de l'agriculture conventionnelle et de l'agriculture biologique. L'étude a été faite dans quatre type de surfaces: supermarchés, hard-discounts, marchés et magasins bio. Voici les différents constats:

LE HARD-DISCOUNT ÉCRASE LES PRIX

Le hard-discount reste la surface la plus compétitive sur les prix: 20% moins chère que les marchés et 18% de moins que les super / hypermarchés.

Ainsi, le prix moyen d’un panier conventionnel de fruits et légumes est de 42,34€ en hard-discount, 51,33€ en hyper/supermarché, 52,45€ sur le marché. Le même panier acheté en magasin spécialisé bio coûte 90,79€.

On notera aussi que le prix d'un panier de fruits a baissé entre 2018 et 2019: il est passé de 31,25€ à 30€ en conventionnel et de 61,40€ à 56,70€ en bio. À l'inverse, le prix d'un panier de légumes a augmenté puisqu'il est passé de 18€ à 19,80€ en conventionnel et de 33.,45€ à 34,10€ en bio.

PLUS DE 200 EUROS PAR MOIS

En 2019, pour manger 5 fruits et légumes frais par jour, une famille de 4 personnes (2 adultes et 2 enfants) dépense entre 117€ et 222€ / mois. Rapporté à un SMIC net mensuel (1202,92 euros), cela coûte entre 10 et 18% du budget familial, calcule l'association.

Pour les petits budgets, il est donc "difficile mais pas impossible" de respecter la règle... même si, clairement, les magasins bio n'ont pas les faveurs des plus modestes.

CARTON ROUGE POUR LE BIO

Un panier de fruits et légumes bio reste près de 2 fois plus cher que le panier de produits conventionnels, constate l'association. Une différence de prix qui, en soi, peut se comprendre au regard des exigences liées au bio.

Mais l'association Famille Rurale sort néanmoins le carton rouge: alors que le bio est censé respecter un cahier des charges pour défendre l'environnement, les enquêteurs ont constaté que 78% des produits bio vendus en hard-discounts et 57% de ceux vendus en hyper/supermarchés faisaient l’objet d’un suremballage : pommes en barquettes, fruit/légume vendu à l’unité sous plastique…

Le but de ce suremballage est souvent d'éviter la triche ou la confusion entre produits bio et conventionnels. Mais au delà de créer des déchets superflus, cette épidémie de produits bio suremballés "rend la comparaison des prix au kilo impossible et donne l’illusion d’un coût moindre" conclut l'étude.