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Top 14: Cotter navigue à vue

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L'entraîneur de Montpellier Vern Cotter lors du déplacement à Grenoble le 22 décembre 2018
© AFP/Archives

Le Montpellier de Vern Cotter, porté par ses mastodontes, étale une rare impuissance dans son jeu et ne dégage ni cohésion ni cohérence dans son style, avant de tenter de sauver au moins sa saison européenne contre Newcastle samedi.

Classé à la seconde place de la poule 5 avec quatre points de retard sur le leader Édimbourg, le vice-champion de France reste en course mais doit battre les Anglais et surtout chasser le spleen qui l'escorte en championnat.

Le Néo-Zélandais Cotter est arrivé il y a 18 mois pour s'adapter aux canons de la Coupe d'Europe, et à son intensité. L'ex-technicien de Clermont (2006-2014) et de l'Écosse (2014-2017) demande du temps pour s'affranchir de l'héritage de Jake White (2014-2017), l'ancien entraîneur sud-africain au jeu austère, et ne veut pas rebrousser chemin au milieu du gué.

Mais malgré le retour du demi de mêlée Benoît Paillaugue, le recrutement de l'arrière polyvalent Johan Goosen ou l'émergence du jeune centre Arthur Vincent, champion du monde des moins de 20 ans, Montpellier peine à se trouver.

"Quand on travaille un plan de jeu, on a souvent du mal à garder le cap sur le terrain. A chaque fois qu'on l'a respecté, le résultat était presque là. A l'inverse, on s'est cassé les dents", explique le troisième ligne centre Louis Picamoles, autre recrue de poids sous Cotter, dédouanant le mentor néo-zélandais.

- "Trouver notre jeu" -

"L'an passé, c'était un peu facile pour nous, abonde Paul Willemse, seconde ligne d'origine sud-africaine convoqué mercredi pour la première fois par le XV de France. C'est nécessaire de rester ensemble, trouver notre jeu et notre ambiance dans l'équipe. Je garde confiance."

Mais Montpellier semble manquer de force de caractère, en témoignent la défaite à domicile devant Castres lors de la reprise, trois mois après la finale perdue face à la même équipe, les fins de match gâchées comme à Newcastle à l'aller ou à Paris, les tournants ratés à Grenoble ou devant Lyon.

"A Newcastle, on avait fait le match parfait à l'extérieur. On a pensé un peu trop tôt qu'on avait fait ce qu'il fallait. On a craqué dans les huit ultimes minutes (23-20). On a encore ce match dans le coin de la tête", se souvient Picamoles, soulignant la fragilité du groupe.

Mais en Coupe d'Europe, "on est encore en vie. Il nous faut gagner pour nous donner la chance d'aller chercher un quart de finale la semaine prochaine. On a tous à coeur de montrer un autre visage après la défaite devant Lyon (25-14), difficile à digérer", estime le capitaine Louis Picamoles.

"Le souci devant Lyon est simple: on n'a pas mis l'agressivité nécessaire pour réussir un match d'un tel niveau", rappelle Picamoles.

- Un match sur deux perdu à domicile -

Mais l'errance de Montpellier dure depuis le début de la saison, à l'image de son rendement au GGL Stadium où il s'est déjà incliné 4 fois (Castres, Racing, Clermont, Lyon). Proche de la perfection la saison passée (63 points sur 65 possibles), l'équipe de Vern Cotter a perdu un match sur deux devant son public.

Le MHR est neuvième du Top 14 à huit points du Racing, qui occupe la dernière place qualificative pour la phase finale, son jeu est en éternel chantier, son état d'esprit toujours miné par la finale perdue en juin (29-13).

"On a pris un coup de massue sur la tête après la finale. Il a fallu beaucoup de temps pour l'effacer et repartir sur autre chose", confessait récemment le 3e ligne international Yacouba Camara.

L'absence de nombreux cadres en début de saison pouvait également expliquer le départ mitigé. Mais les choses ne se sont pas améliorées jusqu'ici malgré un effectif presque au complet, qui bénéficie des retours de nombreux blessés (Camara, Paillaugue, Jacques Du Plessis, Nadolo).

La quête d'un premier titre, pour concrétiser l'investissement de Mohed Altrad, s'éloigne. Le président montpelliérain aura-t-il la patience d'attendre une saison de plus?