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Dortmund: Dembélé "se régale" mais vise plus haut

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Ousmane Dembélé interviewé à Dortmund, le 16 février 2017
© AFP

"Je me régale" mais "je peux mieux faire": Ousmane Dembélé, arrivé à Dortmund en août à 19 ans avec l'image d'une pépite encore brute, est devenu un titulaire ambitieux qui rêve d'un Mondial en Bleu, comme il l'a confié à deux médias dont l'AFP.

"On n'a pas fait une très bonne première partie de saison", commence l'international français, rencontré cette semaine après le revers des Jaune et Noir sur le terrain du Benfica Lisbonne (1-0), en 8e de finale aller de Ligue des champions.

La moue de déception signe le changement d'univers du jeune Normand, qui bouillait il y a un an et demi de faire ses débuts en Ligue 1 et veut désormais "gagner quelque chose cette année, au moins un titre".

Comme les percées de ce virtuose du dribble, l'histoire s'est écrite en accéléré: 12 buts sur ses vingt premiers matches avec Rennes, les yeux doux des plus grands clubs, et le "choix sportif" de filer à Dortmund, pépinière de champions depuis l'ère Jürgen Klopp, pour y chercher du temps de jeu.

"Je ne suis pas un phénomène. J'essaie juste d'être décisif pour mes partenaires. Des jeunes de talent, il y en a énormément dans le foot", assure le frêle ailier, débarqué dans la Ruhr pour 15 millions d'euros.

- Aubameyang, 'un frère' -

En six mois, il s'y est taillé une place de titulaire, marque moins qu'en France (4 buts toutes compétitions confondues), mais s'est mué en fournisseur de caviars (13 passes décisives), dissipant les reproches d'individualisme de ses jeunes années.

"Ici, je me régale", se réjouit-il, évoquant "l'intensité" des entraînements et l'exigence tactique du coach Thomas Tuchel, "qui demande de constamment presser dès la perte du ballon". "Il est très proche des joueurs, il rigole beaucoup. Mais quand ça ne va pas, il peut aussi mettre des taquets", s'amuse-t-il.

Loin de sa mère et ses frères et sœurs, qui l'avaient suivi à Rennes, Ousmane peut compter sur son oncle et son "meilleur ami", Moustapha Diatta, son voisin à Evreux et aujourd'hui en équipe réserve du Borussia. Mais sa bonne intégration en Allemagne doit aussi beaucoup "aux conseils" de ses mentors en attaque, Marco Reus et Pierre-Emerick Aubameyang - "un frère".

Sur le terrain, "Guerreiro (l'ancien Lorientais arrivé cet été, ndlr) et Weigl me cherchent entre les lignes, PEA fait de bons appels et on combine bien avec Reus", énumère-t-il, la mine ravie.

Si réussis soient-ils, ses débuts à Dortmund ne dégagent pourtant plus le parfum d'insouciance de son année rennaise, quand le monde du foot se frottait les yeux face à ce gamin marchant sur l'eau.

"Je peux mieux faire. Il faut continuer à travailler", estime-t-il, soucieux d'améliorer son "efficacité devant le but" et de "ne plus perdre bêtement le ballon" - deux limites encore visibles mardi à Lisbonne.

Indulgent, le magazine Kicker défendait la semaine dernière le "joyau" également habile des deux pieds. "On peut excuser quelques pertes de balle quand on arrache si souvent les spectateurs à leur siège", décrétait l'hebdomadaire.

- Objectif Mondial -

Mais dans une équipe qui vise les premiers rôles tout en affichant une inconstance désarmante, Dembélé découvre la pression sur plusieurs tableaux - championnat, coupe et Ligue des champions -, ainsi que le traitement rugueux réservé à son nouveau statut.

"Ca m'énerve de voir que sur les cinq ou six derniers matches, les adversaires ont fait énormément de fautes sans être sanctionnés", se plaignait-il en janvier.

S'il s'agace encore trop sur le terrain, il révèle aussi sa force de caractère, revenant le 8 février en coupe inscrire le premier tir au but face au Hertha Berlin, alors qu'il venait de sortir sur crampes - "Dembélé le combattant", applaudissait Kicker.

Mais l'attaquant aux trois sélections s'avoue aussi devant l'AFP "très déçu" par ses premières performances chez les Bleus, surtout après son match sans relief contre la Côte d'Ivoire en novembre. "Ça m'a fait un déclic, je me suis dit qu'il fallait que je recommence à dribbler, à marquer des buts".

"Quand je vais y retourner, ça ne va pas se passer comme ça", promet-il. "Si on se qualifie pour le Mondial-2018, je ferai tout pour être du voyage".