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JO-2028: Los Angeles aura le temps de peaufiner ses Jeux

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En renonçant à 2024 pour organiser les jeux Olympiques 2028, Los Angeles a gagné quatre années qui vont lui permettre de peaufiner sa préparation
© AFP/Archives

En renonçant à 2024 pour organiser les jeux Olympiques 2028, Los Angeles a gagné quatre années qui vont lui permettre de peaufiner sa préparation, même si la plupart des sites existent déjà.

Publié lundi, à deux jours de l'attribution des deux prochaines éditions, le rapport de la commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO) confirme sans surprise que "Los Angeles est prête à accueillir les jeux Olympiques 2028".

"Los Angeles s'appuie sur les propositions fortes mises en avant pour 2024 tout en fournissant toutes les garanties nécessaires pour s'assurer que les Jeux peuvent être accordés 11 ans à l'avance", ajoute Patrick Baumann, président suisse de cette commission.

Avec 97% de sites déjà existants ou temporaires, que va donc faire "LA" de cette rallonge de temps ?

Il va d'abord lui falloir tout de même rafraîchir certains sites, comme le Stade olympique, ou LA Memorial Stadium, le stade historique de 70.000 places qui accueillera l'athlétisme et les cérémonies d'ouverture et de clôture. Puis terminer la construction de deux futurs sites pérennes, à savoir le stade de l'équipe de football du Los Angeles FC (22.000 places) et celui de l'équipe de football américain des Los Angeles Rams (85.000 places).

D'autres sites provisoires accueilleront les épreuves aquatiques, équestres, de tir, le canoë-kayak ou encore le beach-volley sur les plages de Santa Monica.

Ces sites à construire ou à rénover, "sont entièrement financés par le secteur privé", a souligné la Commission d'évaluation du CIO.

Ces quatre ans supplémentaires permettront de "s'assurer que tous les sites seront opérationnels", explique Patrick Rishe, directeur du programme Sports Business à l'Université Washington de St-Louis.

La Commission d'évaluation du CIO a cependant soulevé un bémol: la vaste rénovation du vélodrome destiné au cyclisme sur piste nécessitera "plus de consultation avec les parties concernées". La rallonge de temps ne sera donc pas superflue.

Autre inquiétude, les promesses faites concernant les transports. Pour le CIO, "le succès de la mise en oeuvre de la stratégie de transports pour les Jeux, y compris du réseau de voies olympiques, exigerait des efforts importants en matière de gestion et de réduction de la circulation", dans la métropole californienne engorgée.

Mais pour M. Rishe, ces 4 ans de plus donneront du temps à la métropole californienne de "devélopper son système de transport afin d'obtenir une meilleure connectivité".

Enfin, LA, qui a obtenu une garantie supplémentaire de 100 millions de dollars par rapport à Paris, va pouvoir "développer plus tôt des programmes sportifs en direction de la jeunesse et profiter plus tôt et plus longtemps des retombées de l'exploitation des symboles olympiques", explique le chercheur.

Mais accorder les Jeux 11 ans à l'avance comporte aussi des risques. La situation politique ou économique peut en effet beaucoup changer et l'exemple de Rio et du Brésil, en pleine croissance lors de l'obtention des Jeux mais en pleine crise en 2016, est là pour le montrer.

"Il est vrai que repousser l'échéance apporte plus d'incertitude", analyse encore M. Rishe. "Mais d'un point de vue économique et financier, je ne suis pas très inquiet car les Jeux de 1984 ont été l'un des plus grands succès de l'histoire des Jeux" sur le plan économique.

Jeux Olympiques : les sites de la candidature de Los Angeles© AFP

Pour les JO-2028, "toutes les installations sont soit existantes soit en cours de construction. Même s'il y avait une récession entre maintenant et les Jeux, elle aurait peu d'impact, car typiquement une récession aux Etats-Unis dure peu de temps", ajoute le chercheur.

"Il n'y aurait pas d'impact sur les droits TV car les contrats sont déjà signés. Le sponsoring pourrait être un peu plus touché".

"Mais quand on considère toutes les variables, il y a une forte chance que Los Angeles-2028 soit bénéficiaire", estime encore M. Rishe.

Quant au contexte politique, "même si Donald Trump reste à la Maison Blanche pour un second mandat, il ne sera plus président au moment des Jeux. Donc globalement, ce délai accordé à Los Angeles ne présente aucun obstacle sérieux", conclut-il.